ACTE TROISIÈME
mettez votre cliapeau et venez avec moi à l'Épatant.
GBRMAIKE, sèchement.
Je VOUS ai déjà dit non.
PASCAL
Vous^vez tort, il y a un Bonnat superbe.'
aSRMAINE
Je m'en moque un peu du Bonnat.
Nous voyons toujours toutes les expositions ensemble. Pourquoi ne pas voir celle-là avec moi?
QBRMAINE.
Je ne suis pas d'bumeur à regarder des tableaux, je vous assure.
PASCAL
Moi non plus. Seulement j'aurais été content de marcher à côté de vous dans la rue, nous nous serions promenés un peu. Voilà huit jours que vous m'évitez. J'aurais raconté à ma vieille amie tous les chagrins que me fait...
GERMAINE, interrompanl.
Votre nouvelle maîtresse ?i..
PASCAL
Ma maîtresse t
GERMAINE
Allez, j'aurais préféré rester celle de mon mari^ mais il n'a pas voulu de moi, lui.
PASCAL
L'imbécile.
GERMAINE
Partez, ne m'attendez pas. Je serais un triste compagnon aujourd'hui. D'ailleurs, j'aime mieux ne pas entendre vos confidences.
lé
PASCAL
Oh f je n'avais pas d'arrière-pensée, je vous jure. Je suis trop fixé sur vos sentiments pour aborder certain sujet. Soyez tranquille, je n'aurais pas essayé de vous attendrir. Nous aurions causé amicalement, de bon cœur, comme dans le temps, comme avant.
GBRMAINB.
Causons ici, alors.
PASCAL
Ici ? Je ne pourrais pas.
GERMAINE
Pourquoi?
PASCAL
J'ai honte à présent, je suis gêné. Tout me paraît compliqué, difficile, odieux. Les choses les plus simples me paraissent extraordinaires maintenant. Les meubles, les objets ont pris tout à coup un aspect différent, comme lorsqu'on a changé la lumière de place.
G^ËRMAIKE.
Hélas!
PASCAL
Je ne me sens plus chez moi dans cette maison. Je n'ose plus m'asseoir à votre table. Je n'ose plus donner uii ordre à un domestique.
Vos habitudes sont contrariées.
PASCAL
Je n'ose plus venir en veston.
GBRMAIlIBt
Votre vie est déran§^.
▲GTE TROISIÈME 255
PASCAL
Tout à l'heure, je gelais, je n'ai pas osé mettre une bûche dans le feu. Voilù des cigares que j'aime beaucoup, depuis un quart d'heure j'ai envie d'en fumer un ; eh bien, je me garderais d'y toucher. Ce sont les cigares de votre mari à présent. Je pouvais tout prendre à ce garçon avant de lui avoir pris sa femme.
GERMAINE
Le mieux est l'ennemi du bien.
PASCAL
Si vous croyez que je n'ai pas de remords, vous •vous trompez. J'en ai autant que vous , plus que vous peut-être. Je ris, je paie d'audace; mais au fond je suis au supplice. Je me figure que tout ce que je dië est criminel. Ah I je n'étais pas fait pour vivre dans le siècle où nous sommes.
GERMAINE
Mon Dieu, si vous n'aviez pas vécu de mon temps ...
Ne raillez pas. Vous êtes toujours aussi malheureuse et notre intimité est détruite. >
GERMAINE
Bahl
PASCAL
Nous étions si gais tous les trois, si camarades, si loyalement unis. Adieu nos bonnes soirées ! On se disputait quelquefois, mais ça marchait tout de même. Quels amis j'ai perdus!
GERMAINE
Jamais je n'ai vu tant de cœur à un égoïste.
PASCAL
Ah! poui*quoi votre folie m'a- 1- elle gagné l'autre jourJ Pourquoi*..
259 AMOUREUSK
GBRMAINE.
Ne me reprochez pas de vous avoir fait tomb^r.