‹ Théâtre d'amourChapitre 111 sur 232 · SCÈNE VI ETIENNE, GERMAINE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI ETIENNE, GERMAINE

ETIENNE

Tu peux parler maintenant.

GERMAINE

Si tu veux.

Un silence.

ETIENNE, avec emportement.

Assez de péticences et d'ironie. Je veux savoir ce qu'il y a sous ton persiflage et sous l'embarras de cet homme.

GERMAINE

Soit.

ETIENNE

Voilà une heure que vous me bravez l'un et l'autre. Il est temps que la plaisanterie finisse. Je désire être fixé. Nous sommes seuls. La porte est fermée. Expliquons-nous et tout de suite.

GERMAINE, hésitante.

Eh bieni

ETIENNE

Eh bien? (Un silence.) Tu n'as pas peur, je

suppose ?

GERMAINB.

Non.

É T I E N N E , avec cruauté.

Si c'est devant mon chagrin que tu recules, tu t'abuses étrangement, car ta tendresse est la seule chose que je redoute.

GERMAINE, indignée.

Etienne !

ETIENNE

Je me moque un peu de ta fidélité.

GERMAINE

Etienne!

ETIENNE

Je ne t'aime pas, tu le sais bien, je ne t'ai jamais aimée, pas même une heure, et depuis huit ans il t'a fallu de la bonne volonté pour ne pas comprendre à quel point tu m'étais importune.

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