ACTE TROISIEME
GERMAINE, indignée.
Ah I tu m'insultes encore I
ÉTIBNNB.
Oui ou non, est-ce vrai ?
GERMAINS
Eh bien oui, c'est vrai.
ETIENNE
Avec lui ?
GERMAINE
L'autre jour.
ETIENNE, avec un geste de menace* Malheureuse I '
GERMAINE
Tu m'as offerte, eh bien, je me suis donnée. Ce n'est pas la peine de m'offrir encore, mon cher ami, c'est fait.
ETIENNE
Tais-toi, tu mens, je ne veux pas te croire.
GERMAINE
Tu as tort. Je t'ai trompé, entends-tu bien ? Je t'ai trompé. Oui, j'ai commis cette infamie, et je suis heureuse de l'avoir commise, et je suis heureuse de te le dire, et si c'était à recommencer, je recomlînencerais.
ETIENNE
Tais-toi, tais-toi.
Non, je parlerai. C'est toi qui l'auras voulu. Tu (Sauras tout ce que j'ai sur le cœur.
264 AMOUREU&X
\ ETIENNE
A^ez OU je te tue.
GERMAINE
A quoi boa lever la main ? N*as-tu pas ce que tu souhaitais ? Puisque tu tenais tant à être débarrassé de moi, sois satisfait. Tu es libre.
ETIENNE
Trompé, moi?
GERMAINE
Oui, toi, toi que j'ai adoré, toi que toutes les femmes ont aimé, tu es trahi comme un autre homipe. Tu croyais que tu pourrais me faire souffrir éternellement et que jamais je n'aurais mon tour. Quelle erreur I Tout se paie, tu le vois. Si j'ai été frappée dans mon amour, tu Tes dans ta vanité. Grâce à Dieu, te voilà ridicule.
ETIENNE
Ridicule?
GERMAINE
Nous sommes quittes à présent.
Te tairas-tu?
GERMAINE
Ah ! l'autre soir, après tes insultes, tu es rentré paisiblement. Tu t'es endormi sur ce canapé sans t'inquiéter si j'étais morte ou non. Tu n'as pas osé~ franchir la porte de ma chambre, de peur d'une réconciliation, n'est-ce pas? Eh bien, tu as manqué de perspicacité, mon cher, permets-moi de te le dire ; car ce soir-là, par extraordinaire, tu n'aurais pas eu à subir les tendresses de ta femme, et je t'aurais fait