SCÈNE DEUXIÈME
MADELEINE
Je VOUS remercie de penser à mol, mon ami, je vous en suis très reconnaissante; mais, pour l'instant, ça ne mç dit pas.
MARCEL
En ôtes-vous sûre?
MADELEINE
Plus tard, nous verrons, je réfléchirai, on ne peut pas savoir; j'en doute cependant : vous ne me plairiez plus aujourd'hui, vous avez une bonne figure honnête ; et puis, vous êtes très mal habillé. D'abord, vous ne devez plus être amusant. Non, tenez, non.
MARCEL
, Pourtant, Madeleine...
MADELEINE
Ne m'appelez pas Madeleine.
MARCEL
Madame Guérin ! Madame Guérin, si je vous avouais que votre petit bleu m'a bouleversé. Je Tai lu en tremblant...
Devant votre femme peut-être?
MARCEL
Et c'était exquis...
MADELEINB.
Débauché î
MARCEL
Comme vo«s me connaissez !
MADELEINE» '
FakI
30 tA CHANCE DE FRANÇOISE
MARCEL
Je vous adore.
MADELEINE
Mais non, c'est une idée. 'Vous vous figurez ça parce qu'il y a longtemps que vous ne m'avez vue... Je reviens de voyage.
MARCEL
Ah ! ne me faites pas douter de mes sentiments.
MADELEINE
Songez à vos devoirs, mon ami; songez...
MARCEL
A mes enfants? Je n'en ai pas.
A votre femme, tout simplement.
MARCEL, désolé.
Vous me parlez toiyours de ma femme I-
MADELEINE
Aimezrla bien, mon cher, et, si mon mari ne vous tue pas demain, croyez-moi, restez tranquille. Voua êtes fait pour la vertu maintenant, ça se voit tout de suite. Je vous flatte en vous traitant de libertin. Vous n'êtes qu'un dégoûté du bonheur, voilà tout.
MARCEL, cherchant à Tembrasser.
Ah! Madeleine, si vous vouliez...
MADELEINE, se dérobant.
Est-ce que vous devenez fou?
MARCEL
Excusez-moi, je ne suis pas encore déshabitué... Au moins... si l'on me tue, aue ce soit pour quelque chose.