‹ Théâtre d'amourChapitre 131 sur 232 · RAC0NY · texte numérisé non relu

RAC0NY

Il n'y a que les ratés qui soient bohèmes, {«es ge]^9 dé talent sont presque toujours des rëgujiers. Le publie se trompe en croyant le contraire.

DOMINIQUE

Puis Antoinette est un peu vaniteuse. Bellangé est connu, et, malgré tout, elle^;.. tient pas à renoncer au noiDyt de ^OB mari. ^ ,

BKA«01fT

E^e aime niietix le désiionorer.

DOMINIQUE

Ce qne c*est que Thabitude de bêcher ! Jamais on n'a dit le moindre mot sur elle.

MAURICE

La musique et Tamour de sa ûlle accaparent toute sa seuBibitité.

bsjlgonx

L^amour de sa fille surtout. i*ai déjeuné une fois ici - ntre elles deux : quelle mère assommante 1

Le ^ôre aussi aiine son enfant.

MAURICE

Il n*en parle jamais sans émotion.

BRACONY

Mariette, qui le voit 4e temps en temps, m'a raconté qu'il avait eu beaucoup 4e cbagrin cet hiver, quand ToiAon avait emmené la petite à Londres.

DOMINIQUE

Je crois bieni Elle nous en a privés pendant trois mois.

MAURICE

Ck>mment va-t-elle, votre filleule?

DOMINIQUE

Je Tai rencontrée tout à l'heure près de la Trinité. Je ne lui ai pas trouvé la mine bien brillante

MAURICE

Toujours tendre avec vous?

DOMINIQUE

Quand elle met ses bras autour de mon cou en disant : Marraine!... mon cœur se dilate... Âhl je méritais bien d'avoir un enfant.

Et même plusieurs.

DOMINIQUE

J'en aurais voulu une mince et fragile comme elle.

MAURIGB

Elle a l'air d\in bibelot

DOMINIQUE

Elle ressemble au Saint-Jean de Donatello. Il faudra que je fasse quelque chose avec elle. Je demanderai à sa mère de m^ la prêter deux ou trois jours.

MAURICE

A quelle heure atiendez-vous madame Bellangé?

DOMINIQUE

D*un instant à Tautre... Sacré mâtin!... mon armature a plié, tout va dégringoler... Au fond, je me serais bien passée de cette corvée-là. Je pressens toutes sortes de complications et d'histoires. Sans cette petite, à laquelle je m'intéresse, j'aurais prié Raymond de s'adresser ailleurs... Ne bougez donc pas, Maurice. Et pourtant, non, Bell ange, c'est quelque chose d'autrefois.

BRACONY

Gomme talent.

DOMINIQUE

Ne riez pas. Je me trouve des devoirs envers lui. Quand j'ai perdu mon mari, il m'a aidée moralemeut et matériellement.

BRAQONT

Tout le monde fait ça.

DOMINIQUE

Et puis, lorsqu'un homme vient pleurer chez vous* comment lui refuser ce qu'il demande?

MAURICE

Alors, si je pleurais?

DOMINIQUE

Vous me mettriez dans un grand embarras.

MAURICE

Méfiez-vous.

Odile entre avec cm plateau.

BRACONT

Estrce qu'Antoinette se doute de ce qui lui pend àPoreillè?

DOMINIQUE

Pas le moins du monde. J'ai préféré lui dire la chose en face.

BRAGONT

Vous allez exhiber les grandes phrases, hein?

DOMINIQUE

CSiUes que je pense et celles que je ne pense pas.

Vous intimidez beaucoup madame Bellangé, j'ai remarqué.

DOMINIQUE

h Tai connue si petite 1

310' ÊB PASSÉ '

BRACONT

N'empêche que cette année elle Vqbés lâché joliment; on ne Ta pas vue chez vous une seule fois.

DOJOQUK

Puisqu'elle était à L(H»lreà»

EJle a eu beaucoup de succès là-bas^ m'a dit loflxi Ellis.

BRACONT

Elle a fait de Fargént avec ses concerts.

DOltlNlQlir

C'est égal, elle aut-ait bien pu me donner signe de vie, depuis un mois qu'elle est de retour... Elle remplace ses visites par de petits mj&ts bien tournés, mais ce. n'est pfis tout à fait la même ckose.

BRACONT

Elle a peut-être une raison pour ne pas venir.

BOMimQUH

Quelle raison ? Quand on n'éprouve plus le besoin de voir aussi souvent ses amrsy c est qu'on les aime moins.

BRACONT

L'ingrate I Elle devrait pourtanlse souvenir que vous l'avez mariée.

DOMINIQUE

Ne me donnez pas de remords. En effet, c'est à la mai^ni que Bellafigé l^a- rencontrée pour la première fois. Il est devenu amoureux tout de suite,

MAURICI

C'est sa manière.

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