RAC0NY
Il n'y a que les ratés qui soient bohèmes, {«es ge]^9 dé talent sont presque toujours des rëgujiers. Le publie se trompe en croyant le contraire.
DOMINIQUE
Puis Antoinette est un peu vaniteuse. Bellangé est connu, et, malgré tout, elle^;.. tient pas à renoncer au noiDyt de ^OB mari. ^ ,
BKA«01fT
E^e aime niietix le désiionorer.
DOMINIQUE
Ce qne c*est que Thabitude de bêcher ! Jamais on n'a dit le moindre mot sur elle.
MAURICE
La musique et Tamour de sa ûlle accaparent toute sa seuBibitité.
bsjlgonx
L^amour de sa fille surtout. i*ai déjeuné une fois ici - ntre elles deux : quelle mère assommante 1
Le ^ôre aussi aiine son enfant.
MAURICE
Il n*en parle jamais sans émotion.
BRACONY
Mariette, qui le voit 4e temps en temps, m'a raconté qu'il avait eu beaucoup 4e cbagrin cet hiver, quand ToiAon avait emmené la petite à Londres.
DOMINIQUE
Je crois bieni Elle nous en a privés pendant trois mois.
MAURICE
Ck>mment va-t-elle, votre filleule?
DOMINIQUE
Je Tai rencontrée tout à l'heure près de la Trinité. Je ne lui ai pas trouvé la mine bien brillante
MAURICE
Toujours tendre avec vous?
DOMINIQUE
Quand elle met ses bras autour de mon cou en disant : Marraine!... mon cœur se dilate... Âhl je méritais bien d'avoir un enfant.
Et même plusieurs.
DOMINIQUE
J'en aurais voulu une mince et fragile comme elle.
MAURIGB
Elle a l'air d\in bibelot
DOMINIQUE
Elle ressemble au Saint-Jean de Donatello. Il faudra que je fasse quelque chose avec elle. Je demanderai à sa mère de m^ la prêter deux ou trois jours.
MAURICE
A quelle heure atiendez-vous madame Bellangé?
DOMINIQUE
D*un instant à Tautre... Sacré mâtin!... mon armature a plié, tout va dégringoler... Au fond, je me serais bien passée de cette corvée-là. Je pressens toutes sortes de complications et d'histoires. Sans cette petite, à laquelle je m'intéresse, j'aurais prié Raymond de s'adresser ailleurs... Ne bougez donc pas, Maurice. Et pourtant, non, Bell ange, c'est quelque chose d'autrefois.
BRACONY
Gomme talent.
DOMINIQUE
Ne riez pas. Je me trouve des devoirs envers lui. Quand j'ai perdu mon mari, il m'a aidée moralemeut et matériellement.
BRAQONT
Tout le monde fait ça.
DOMINIQUE
Et puis, lorsqu'un homme vient pleurer chez vous* comment lui refuser ce qu'il demande?
MAURICE
Alors, si je pleurais?
DOMINIQUE
Vous me mettriez dans un grand embarras.
MAURICE
Méfiez-vous.
Odile entre avec cm plateau.
BRACONT
Estrce qu'Antoinette se doute de ce qui lui pend àPoreillè?
DOMINIQUE
Pas le moins du monde. J'ai préféré lui dire la chose en face.
BRAGONT
Vous allez exhiber les grandes phrases, hein?
DOMINIQUE
CSiUes que je pense et celles que je ne pense pas.
Vous intimidez beaucoup madame Bellangé, j'ai remarqué.
DOMINIQUE
h Tai connue si petite 1
310' ÊB PASSÉ '
BRACONT
N'empêche que cette année elle Vqbés lâché joliment; on ne Ta pas vue chez vous une seule fois.
DOJOQUK
Puisqu'elle était à L(H»lreà»
EJle a eu beaucoup de succès là-bas^ m'a dit loflxi Ellis.
BRACONT
Elle a fait de Fargént avec ses concerts.
DOltlNlQlir
C'est égal, elle aut-ait bien pu me donner signe de vie, depuis un mois qu'elle est de retour... Elle remplace ses visites par de petits mj&ts bien tournés, mais ce. n'est pfis tout à fait la même ckose.
BRACONT
Elle a peut-être une raison pour ne pas venir.
BOMimQUH
Quelle raison ? Quand on n'éprouve plus le besoin de voir aussi souvent ses amrsy c est qu'on les aime moins.
BRACONT
L'ingrate I Elle devrait pourtanlse souvenir que vous l'avez mariée.
DOMINIQUE
Ne me donnez pas de remords. En effet, c'est à la mai^ni que Bellafigé l^a- rencontrée pour la première fois. Il est devenu amoureux tout de suite,
MAURICI
C'est sa manière.