ACTE ouXtrième
DOMINIQUE, 8*exaltanr.
Mais, pour agir aussi loyalement, vous aviez trop peur de me perdre, vous étiez trop pressé. Une heure plus tard, je pouvais apprendre la vérité, et je vous échappais.
FRANÇOIS
Ah! je n'ai pas tant raisonné. .
\ DOMINIQUE
Vous aviez envie de moi, n'est-ce pas? Il était nécessaire de m'arracher un rendez-vous tout de suite, coule que coûte. Vous n'attendez pas, vous ! Et la même impatience qui vous a poussé à mentir tout à Theure vous ramène ce soir dans cette maison, où on ne vous réclamait que demain.
FRANÇOIS
Oui, j'étais impatient de bonheur.
DOMINIOIIK^
Il est vrai que, demain, vous avez un autre rendezvous avec madai^ Bel langé. Et, deux femmes sur les bras le même jour^ ça vous aurait fait une après-midi un peu compliquée. J'en suis fâchée pour vous, mon cher, mais votre désir ne me suffit pas. Allez repêcher
votre maîtresse et fichez-moi la paix!
Un silence.
Jamais je ne reverrai cette femme. Je vous l'ai déclaré, je la déteste, je la maudis.
DOMINIQUE
Il y a quelques minutes, elle disait de même en parlant de vous. Heureusement, voua êtes faits pour vous entendre, et elle est prête à tous les pardons.
François C» n'est pas son pardon que je veux, c'est le vôtre.
DOMINIQUE, s'exaltant encore, ayec indignation et désespoir.
Reprenez-la, et qu'elle vous connaisse davantage Qu'elle pâtisse à son tourl Qu'à son tour, elle soit insultée et trahie 1 Qu'elle subisse les attentes dans les fiacres, les humiliations publiques et cachées, tous le? outrages, qu'elle soit piétinéej avilie!,.. Qu'elle soit battue à son tour.
FRANÇOIS
Taisez-voùs, Dominique, épargHes-iiioi.
DOHINIQUB
Reprenez-la, vous dis-je, et mettez la terre entière dans la confidence de ses désespoirs. Faites lire ses lettres suppliantes par des catins ou des domestiques. Et demandez jL M§$ camarades de vous suggérer des phrases amoureusci^ ji fbus êtes à court d'éloquence pour lui répondre.
Âh ! les amis, les amis !
Gomme ils avaient raison, les amis!
FRANÇOIS
Hélas I VOUS auriez appris ces bassesses à Theure où je les ai commises, qu'elles seraient peut-être oubliées aujourd'hui et que nous pourrions être hfeureux.
nOMiNiQue, éclatant en sanglots.
Il ne fallait pas déshonorer mes chagrins, sacrilège que tu es, et personne ne t'aurait dénoncé. Quand je pense que tu as profané ma tendresse, que tu as livré