‹ Théâtre d'amourChapitre 224 sur 232 · ACTE ouXtrième · texte numérisé non relu

ACTE ouXtrième

DOMINIQUE, 8*exaltanr.

Mais, pour agir aussi loyalement, vous aviez trop peur de me perdre, vous étiez trop pressé. Une heure plus tard, je pouvais apprendre la vérité, et je vous échappais.

FRANÇOIS

Ah! je n'ai pas tant raisonné. .

\ DOMINIQUE

Vous aviez envie de moi, n'est-ce pas? Il était nécessaire de m'arracher un rendez-vous tout de suite, coule que coûte. Vous n'attendez pas, vous ! Et la même impatience qui vous a poussé à mentir tout à Theure vous ramène ce soir dans cette maison, où on ne vous réclamait que demain.

FRANÇOIS

Oui, j'étais impatient de bonheur.

DOMINIOIIK^

Il est vrai que, demain, vous avez un autre rendezvous avec madai^ Bel langé. Et, deux femmes sur les bras le même jour^ ça vous aurait fait une après-midi un peu compliquée. J'en suis fâchée pour vous, mon cher, mais votre désir ne me suffit pas. Allez repêcher

votre maîtresse et fichez-moi la paix!

Un silence.

Jamais je ne reverrai cette femme. Je vous l'ai déclaré, je la déteste, je la maudis.

DOMINIQUE

Il y a quelques minutes, elle disait de même en parlant de vous. Heureusement, voua êtes faits pour vous entendre, et elle est prête à tous les pardons.

François C» n'est pas son pardon que je veux, c'est le vôtre.

DOMINIQUE, s'exaltant encore, ayec indignation et désespoir.

Reprenez-la, et qu'elle vous connaisse davantage Qu'elle pâtisse à son tourl Qu'à son tour, elle soit insultée et trahie 1 Qu'elle subisse les attentes dans les fiacres, les humiliations publiques et cachées, tous le? outrages, qu'elle soit piétinéej avilie!,.. Qu'elle soit battue à son tour.

FRANÇOIS

Taisez-voùs, Dominique, épargHes-iiioi.

DOHINIQUB

Reprenez-la, vous dis-je, et mettez la terre entière dans la confidence de ses désespoirs. Faites lire ses lettres suppliantes par des catins ou des domestiques. Et demandez jL M§$ camarades de vous suggérer des phrases amoureusci^ ji fbus êtes à court d'éloquence pour lui répondre.

Âh ! les amis, les amis !

Gomme ils avaient raison, les amis!

FRANÇOIS

Hélas I VOUS auriez appris ces bassesses à Theure où je les ai commises, qu'elles seraient peut-être oubliées aujourd'hui et que nous pourrions être hfeureux.

nOMiNiQue, éclatant en sanglots.

Il ne fallait pas déshonorer mes chagrins, sacrilège que tu es, et personne ne t'aurait dénoncé. Quand je pense que tu as profané ma tendresse, que tu as livré

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