ACTE QUATRIÈME
DOMINIQUE
On ne changé pas!... P)us tu seras engagé^ plus tu m'exécreras... Tu m'en voudras de mon silence et de mes paroles, de mon orgueil et de ma soumission.
FRANÇOIS
' Tes prédictions sont folles.
DOMINIQUE
Encore une fois j'entendrai toutes les phrases qui précèdent et qui suivent les infidélités. De nouveau j'entendrai tous tes mensonges, jusqu'au jour où tu ne prendras même plus la peine de mentir.
FRANÇOIS
Tu ne te souviens que des heures mauvaises.
DOMINIQUE
Oui, le jour viendra où tu me féliciteras de ma clairvoyance ^ si j'ai l'air de m*apercevoir de tes trahisons; et où tu railleras ma crédulité, si je feins de les iguo* rer...
FRANÇOIS
Gomme tu me juges I
DOMINIQUE
Tu te lasseras avant moi de l'Hypocrisie ! Tu m'instruiras toi-même de mon malheur. Malgré moi, de force, tu m'ouvriras les yeux.
FRANÇOIS
Je fte serai pas ce bourreau.
DOMINIQUE
Et quand tu seras bien fatigué de ma résignation, tu provoqueras ma révolte afin d'avoir l'occasion de t'en
504 LB PASSe
aller, en me laissant quelques torts, en emportant quelques griefs, car tu seras assez lâche pour vouloir avoir raison.
Elle pleure.
FRANÇOIS
Tais-toi^ tu m'insultes, tu me calomnies. On n'a pas ce machiavélisme, quand on adore sa maîtresse.
Un silence.
DOMINIQUB, avec doalear, 8*attendri8sant.
Encore, si la droiture et le dévouement d'une femme comptaient pour quelque chose à tes yeux, je t'écouterais peut-être, j'essaierais...
Essaye, je t'en supplie.
DOMINIQUE, s'exaltanl dans l'amerlume.
Mais tout ce que j'ai de noble et de bon dans l'âme et qui attacherait le plus indifférent est inutile avec toi. Tu ris dès qualités des autres...
FRANÇOIS
Je ne réclame que ton amour.
DOMLXIQUE
Le plaisir est ton seul lien. Ta vie n'est qu'une succession de moments. Tu suis ton instinct avec égoïsme. Tu n'as besoin de personne, toil Tu es un être sur lequel on n'a aucune prise, un être changeant, un cœur facile et passager. Où tient un ambitieux, on tient un fat, on tient mêjne un coquin, on ne tient pas un homme léger.
Elle pleure.
FRANÇOIS
Eh bien, fais de moi un autre homme, alors, coûseille*