SCÈNE PREMIÈRE
VANINA
J'ai bien lu.
Tu pars.
RBNATO.
C'est décidé; le doge a résolu Que ma maîtresse aurait quelques mois de veuvage,
Un 8il«Boe
J'ai vu le galion ancré près du rivage; Vers minuit, tout à l'heure, il appareillera.
VANINA
Hélas!
RBNATO.
Etpuis, j'ai vu...
VANINA, avec jalousi*.
Thérèse d'Almeira.
RBNATO.
Je la suis en Espagne, avec le duc Rodolfe De Vicence et Roger, capitaine du golfe,
VANINA
La molle Adriatique est pure comme im lac ; L'équipage pourra dormir sur le tillac.
Et les oiseaux voiliers viendront par ribambelle Tourner autour des mâts.
RENATO
Oui, la nuit sera belle.
VANINA, avec amoar.
Moins belle, ô Renato, que celle où Vanina, En fuyant de Trieste, à vous s'abandonna I Ce soir- là, notre barque errait tout argentée, La lagune berçait Venise reflétée.
62 l'infidèle
Et pour toi j'oubliai, Ziani, t'en souviens-tu? L'honneur des vieux parents qui parlent de vertu.
Un aileace.
Ils pleurent à présent dan« leur château de guerre
RENATO
Pourquoi t'es-tu donnée à quelqu'un de vulgaire ?
VANINA
Oh ! ne dis pas cela, je ne regrette rien. Écoute un peu ce cœur qui tremble sur le tien ; Crois-moi, quand tu t'en vas, il tremble plus encore.
RENATO
Ta vie est dans mes înains.
VANINA
Gomme un dieu que j'adore.
Tu peux la faire longue et tu peux la briser ; Je vis de ton premier à ton dernier baiser.
RENATO
Est-ce un ange des cieux qui parle, ou ma mai tresse ?
Il l'embrasse.
Je t'aime
VANINA
Oh 1 tu n'es pas bien sûr de ta tendresse.
RBNATO.
Si fait.
L'infante est belle, et tu me trahira».
RENATO
O petite Nina, si petite en mes bras I
Vas-tu douter de moi, parce que j'accampagne
La filleule du doge à Santiago d'Espagne?