SCÈNE DEUXIÈME
LAZZARO
Tu subiras mon étreinte lascive.
VaNina.
Ton appétit de faune est outrageant, môft chef.
LAZZARO
Ça, ne méprisons pas les œuvres de la chair. C'est aux heures du rut que l'âme s'apitoie. Et nous fûmes conçus dans un moment de joie...
VANINA
Dans un moment d'oubli.
LAZZARO
Je suis un perverti ; Mais quand nous vous tenons, mesdames, sapristi 1 Vous n'avez pas toujours ces façons dégoûtées; Et vous aimez, je crois, les choses répétées.
VANINA
Va-t'en, paillard, fripon
LAZZARO
Merci du madrigal.
VANINA
Je ne v6ux pas de toi.
Voilà qui m'est égal.
VANINA
Trousse bagage, allons.
LAZZARO, emphatique.
Surveille ta demeure.
Masqué^ rapière au âanç> je serai tout l'heure Au pî«d de ce balcon.
80 L'INFIDÊLI
VÀNINA.
Ta belle dormira.
LA.ZZARO.
Derrière son volet, Vanine écoutera Miauler ma guitare en quête d'aventure Gomme une chatte aimante au bord de la toiture; Je pince volontiers un doux andantino.
J'appris avec Henri de Valderrabano.
VANINA
Tu trouveras, coquin, la porte verrouillée.
LAZZARO
J'enfoncerai la porte, ô femme embastillée! Tu connaîtras- le goût des baisers criminels. JNous ne parlerons pas de serments éternels. Mais nous mettrons ensemble, enfant qui me repousses. Des désirs violents et des paroles douces.
Tu ne m'auras jamais.
LAZZARO
Sans prendre mon stylet.
Je saurai, s'il le faut, briser ton corselet ; Et d'une main savante, ôter ta ferronnière Pour jeter sur tes reins tout l'or de ta crinièr^i
VANINA
Jamais.
LAZZARO
Si.
VANINA
Non.
LAZZARO
Si.