SCÈNE OUATRIËMI
LAZZARO
Quelque peu.
BBNATO.
La vilaine Redressait en raillant son corps de marjolaine. Elle me méprisait, mais c'était ravissant.
LAZZARO
Et Thérèse?
I^ENATO.
Je crois que son astre descend.
LAZZARO
Çà, nous abandonnons l'infante de Galice t
RENATO
?eut-être.
Un doux profil.
RENATO
J'en conviens.
LAZZARO
Sans malice^ Ce serait en voyage un gentil compagnon.
RENATO
Oui.
LAZZARO
Pas gênant.
RENATO
C'est vrai.
LAZZARO
Tout en elle est mignon.
90 L'INFIDÈLK
Minoe^ fragile^ elle est de la petite espèce.
BBNATO.
Elle arrange assez bieii âà chevelure épaisse.
LAZZARO
Le doge est son parrain.
BBNATO.
J'aime son œil très fier.
LAEZARb.
Et le restât
RBNATO*
InoOiiBU. J'ai vu sa jambe hier^
En montant derrière elle un escalier commode. Elle était fine et ronde, une jambe à la mode.
LAZZARO
Et tu raillas peut-être à l'heure des aveux Le mollet de Nina que tu vois quand tu veux?
RBNATO.
Son mollet est pourtant celui que je préfère.
LAZZARO
Tu l'aimes» ta petite.
HBKATOé
A quoi 'bon m'en défaire?
Nina, c'est beaucoup mieux qu'un caprice à minuit. Ce n'est pas le bonheur accidentel, fortuit»..
I^AZZARO.
Le casuel enfin.
BBNATO<
Vanina^ d'est mon fixe.
SGÈKfi OtÂtAlÊMl al
LÀZZÂftO.
Brèf^ qu'an- ttf décidé? Ta tendresse est prolixe, T'en vas-tnî Restes-tu?
BSMATO^
Je sois fort hésitant.
LAZZÂRO.
On t'aime : pars tranquille.
RËNATO.
Bliè avait à Tîtiëtaôt Certains regards coquets et des airs de bravade A faire réfléchir un homme qui s'êvaiie.
On est vite trahi»
LAZZARO
Très vite, je le sai.
Mais Yâiiine est ûdéle et Henate iûsensé»
RBNATO.
Je sens pousser ce soir des cornes sur ma têtef
LAZZARO
Erreur I Mais n'en sois pas trop affligé, poète. Cet ornement sied hieû atiît éoi*ivains pressés. Sans parler deë mâlifls qtie leur femme a lancés. Le déshonneur vous sert^ et les dames perverses Vous lisent davantage, en sachant vos traverses.
îlBNÀtO.
Sois sérieux, mon cher»
LA^gARO.
Je suis très convainciu Si tu veux arriver, tâche d'être cocu*
BBNATO.
Tais-teiy je m'en vais l'être.
92 L'INFIDÈLI
LAZZAHO.
Alors, ta gloire est proche.
RBNATO.
Vieux cornard, tu n'es pas célèbre, sans reproche.
LAZZARO
J'ai parlé d'écrivains.
RENATO
Autour de la maison.
Il souffte cette nuit un vent de trahison. Je reste.
LAZZARO
Mais pars donc, elle est sage.
RENATO
Qu'imparte! — Je sais qu'un muguet chante en face de sa porte.
LAZZARO, vivement.
C'est faux.
RENATO
Je le tiens d'elle.
LAZZARO
Allons donc.
RENATO
Des couplets.
Quand je ne suis pas là, grimpent à ses volets^
LAZZARO
Un rival dangereux serait plus taciturne.
RENATO
Sans doute, mais...
LAZZARO
Quel est ce mendiant nocturok :
SGSNE QUATRIEME 93
BENATO.
Une femme^ mon cher^ ne vous dit jamais tout.
LAZZARO
C'est peut-être un oiseau; nous sommes au mois d'août. Et l'amour fait chanter le soir après les brouilles Le nid des rossignols aux gueules des gargouilles.
C'est quelque marjolet du quartier.
LAZZARO
Le mignon Gazouille sur la place et non sur lé pignon.
RENATO
Homme ou petit oiseau, qu'il vienne et recommence.
LAZZARO
Aurais -tu le désir d'écouter sa romance?
RENATO
Peut-être bien.
LAZZARO
Jaloux ?
RENATO
Je ne suis pas jaloux.
Mais je suis curieux.
LAZZARO
Tu veux comme un époux Surprendre le râcleur sous ce balcon de pierre ?
RENATO
Conseille-lui toujours d'apporter sa rapière.
LAZZARO, vivement.
Jd ne le connais pas, mais je le lui dirai.
RBNATÛ.
Dans use l^eure^^ U $6^^ là.
LAZZARO^ à part.
Gueuse! ^
BBNATO.
J'y sepai.
LAZZARO^ prêt à sortir.
Moi, je n'y serai pas.
A pçir|.
Assez de filles jeunes.