‹ Théâtre d'amourChapitre 39 sur 232 · SCÈNE OUATRIËMI · texte numérisé non relu

SCÈNE OUATRIËMI

LAZZARO

Quelque peu.

BBNATO.

La vilaine Redressait en raillant son corps de marjolaine. Elle me méprisait, mais c'était ravissant.

LAZZARO

Et Thérèse?

I^ENATO.

Je crois que son astre descend.

LAZZARO

Çà, nous abandonnons l'infante de Galice t

RENATO

?eut-être.

Un doux profil.

RENATO

J'en conviens.

LAZZARO

Sans malice^ Ce serait en voyage un gentil compagnon.

RENATO

Oui.

LAZZARO

Pas gênant.

RENATO

C'est vrai.

LAZZARO

Tout en elle est mignon.

90 L'INFIDÈLK

Minoe^ fragile^ elle est de la petite espèce.

BBNATO.

Elle arrange assez bieii âà chevelure épaisse.

LAZZARO

Le doge est son parrain.

BBNATO.

J'aime son œil très fier.

LAEZARb.

Et le restât

RBNATO*

InoOiiBU. J'ai vu sa jambe hier^

En montant derrière elle un escalier commode. Elle était fine et ronde, une jambe à la mode.

LAZZARO

Et tu raillas peut-être à l'heure des aveux Le mollet de Nina que tu vois quand tu veux?

RBNATO.

Son mollet est pourtant celui que je préfère.

LAZZARO

Tu l'aimes» ta petite.

HBKATOé

A quoi 'bon m'en défaire?

Nina, c'est beaucoup mieux qu'un caprice à minuit. Ce n'est pas le bonheur accidentel, fortuit»..

I^AZZARO.

Le casuel enfin.

BBNATO<

Vanina^ d'est mon fixe.

SGÈKfi OtÂtAlÊMl al

LÀZZÂftO.

Brèf^ qu'an- ttf décidé? Ta tendresse est prolixe, T'en vas-tnî Restes-tu?

BSMATO^

Je sois fort hésitant.

LAZZÂRO.

On t'aime : pars tranquille.

RËNATO.

Bliè avait à Tîtiëtaôt Certains regards coquets et des airs de bravade A faire réfléchir un homme qui s'êvaiie.

On est vite trahi»

LAZZARO

Très vite, je le sai.

Mais Yâiiine est ûdéle et Henate iûsensé»

RBNATO.

Je sens pousser ce soir des cornes sur ma têtef

LAZZARO

Erreur I Mais n'en sois pas trop affligé, poète. Cet ornement sied hieû atiît éoi*ivains pressés. Sans parler deë mâlifls qtie leur femme a lancés. Le déshonneur vous sert^ et les dames perverses Vous lisent davantage, en sachant vos traverses.

îlBNÀtO.

Sois sérieux, mon cher»

LA^gARO.

Je suis très convainciu Si tu veux arriver, tâche d'être cocu*

BBNATO.

Tais-teiy je m'en vais l'être.

92 L'INFIDÈLI

LAZZAHO.

Alors, ta gloire est proche.

RBNATO.

Vieux cornard, tu n'es pas célèbre, sans reproche.

LAZZARO

J'ai parlé d'écrivains.

RENATO

Autour de la maison.

Il souffte cette nuit un vent de trahison. Je reste.

LAZZARO

Mais pars donc, elle est sage.

RENATO

Qu'imparte! — Je sais qu'un muguet chante en face de sa porte.

LAZZARO, vivement.

C'est faux.

RENATO

Je le tiens d'elle.

LAZZARO

Allons donc.

RENATO

Des couplets.

Quand je ne suis pas là, grimpent à ses volets^

LAZZARO

Un rival dangereux serait plus taciturne.

RENATO

Sans doute, mais...

LAZZARO

Quel est ce mendiant nocturok :

SGSNE QUATRIEME 93

BENATO.

Une femme^ mon cher^ ne vous dit jamais tout.

LAZZARO

C'est peut-être un oiseau; nous sommes au mois d'août. Et l'amour fait chanter le soir après les brouilles Le nid des rossignols aux gueules des gargouilles.

C'est quelque marjolet du quartier.

LAZZARO

Le mignon Gazouille sur la place et non sur lé pignon.

RENATO

Homme ou petit oiseau, qu'il vienne et recommence.

LAZZARO

Aurais -tu le désir d'écouter sa romance?

RENATO

Peut-être bien.

LAZZARO

Jaloux ?

RENATO

Je ne suis pas jaloux.

Mais je suis curieux.

LAZZARO

Tu veux comme un époux Surprendre le râcleur sous ce balcon de pierre ?

RENATO

Conseille-lui toujours d'apporter sa rapière.

LAZZARO, vivement.

Jd ne le connais pas, mais je le lui dirai.

RBNATÛ.

Dans use l^eure^^ U $6^^ là.

LAZZARO^ à part.

Gueuse! ^

BBNATO.

J'y sepai.

LAZZARO^ prêt à sortir.

Moi, je n'y serai pas.

A pçir|.

Assez de filles jeunes.

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