‹ Théâtre d'amourChapitre 40 sur 232 · Q»NATO · texte numérisé non relu

Q»NATO

Tu me quittes?

LAZZARO

Bonsoir. Jj'eau pure et quelques jeûnes Me sont recommandés par un grand médecin. Et j'accompagne un moine ivrogne au Mont-Gassin,

RENATO

Tu plaisantes.

LAZZARO

D'honneilr, je pars.

A part.

Petite infâme f

A Renato.

Ah ! voyager, Ziani, changer d'air et de femme ; Ne plus voir les objets qu'on avait sous les yeux; Voir des bompies nouveaux qui ne valent pas mieux. Mais qui semblent meilleurs; paraître et disparaître ; Voguer comme un forban, chevaucher comme un reître; Voir des villes, des monts, des prés, deschàteaux-forts ; Et posséder, les soirs où nous sommes très forts. Dans des lits inponnus^ en rêvant d'amoiirs neuves.

SGÈn ÛUATaiiME ^

Des viergesquelquefolB^ etMquBmment des veuves.— Vive dona Th/ôrè» et vive Santiago!

Pas si vite^ mon cher,

Bah ! pense au fandango.

Pense aux dominicains, aux grelot», aux infantes Qui s'en vont à la mes^lî m JHpes trop bouffantes; Enfin, pensq ^ VEspAgi^^ Pft gr&ve et décoiffé Le mendiant se chauffe à des auto-da-fé.

RENATO^ é^raslé.

C'est un pays de gloire et de chevalerie.

liA^ZARO.

Certe.

RENATO

On y fait des vers.

LAZZARO

Et l'amour, je pa^ç. — Là-bas, tu chanteras le Gid...

Lara, Gazrïian..,

LAZZARO

Inès, dont je rêvais d'écrire le roman.

RENATO, frappé.

Inè^ de Castro? Tiens.

LAZZARO

La Morfe couronnée, La sombre Inès.

RENATO

Rencontre étrange, inopinée.

Aujourd'hui je pensftîs à ae sujet.

^ L INFIDÊLB

liAZZARO.

Menteur.

RBNATO.

Ah ! tu me juges mal^ mon cher...

LAZZARO

Gomme un auteur.

Va, ne te gêne pas.

RBMATO.

De Castro, cela sonne.

Voler un incoï«nu, c'est ne voler personne.

RBNATO.

Neuf heures, mon ami, s'envolent d'un clocher. Et je n'ai pas le temps ce soir de me fâcher. Nous causerons plus tard des choses que je vole. Au revoir.

LAZZARO

Où cours-tu, poète bénévole I

RBNATO.

Chez dofia Thérèse.

LAZZARO

Aht

RENATO

Et je la suis joyeux.

Si je crois qu'un bonheur est au fond de ses yeux.

LAZZARO

Et si tu crois que non ?

RENATO

Alors plus d'équipée; Je reviens très jaloux, et gare aux coups d'épée!

Page 1