SCÈNE PREMIÈRE il
FRANQOl€E»
Te soupçonner?
MARCEL^ reconiiaissaiit.
A la bonne heure. (Un silence. Avec franchise.) £vi<^
demment je ne vais pas toujours où je te dis que je vais. Pourquoi t'attrister inutilement? Mais, si tu crois que Je fais... ce que je ne dois pas faire, tu te trompes. Je ne suis plus garçon, mon amie.
FRANÇOISE
Encore un peu, voyons I
MARCEL
Va, ne sois pas jalouse : il est mort, enterré, le temps des aventm'es. Trente-cinq ans, moins de che« veux, un peu de ventre, marié! On n'a pas tant d'occasions que ça, ma petite.
FRANÇOISE, raiUant.
Allons, ne te décourage pas, la chance peut te revenir; il suffit d'un instant.
MAROEL, navré.
Je n'espère plus.
Marié!... Ahl tu n'aurais jamais dû être propriétaire, toi, tu étais né locataire.
MARCEL, prdt à sortir, apercevant une dépêche sur la table^ Vivement.
Tiens î un petit bleu, et tu ne me disais rien.
FRANÇOISE
Je ne l'avais pas vu; Jean l'aura posé là pendant que tu dormais.
12 Là change de FRANÇOISE
MARCEL
Ça vient de Passy, je connais cette écriture... (a part, ayec surprise.) Madame Guérin... Madeleine! Tiens! (Lisant.) « Mon cher ami, je déjeune .ce matin chez ma tante de Monglat, à la Muette, comme autrefois. Venez me voir avant midi, j'ai à vous parler de choses sérieuses. » (cessant de lire, à part, joyeusement.) Un
rendez -vous!... Après trois ansi Pauvre Guérin I... Non. A présent, ce serait mal. Non.
FRANÇOISE, à part
Il se réveille.
MARCEL, à part.
Ils sont donc revenus ? Françoise a raison, il suffit d'un instant. Chère petite!
FRANÇOISE
Rien d'ennuyeux, au moins?
MARCEL, malgré lui.
Au contraire.
FRANÇOISE
Ahl
MARCEL, avec embarras.
C'est cette américaine qui a vu mon tableau... l'autre jour... chez Goupil. Tu te rappelles. Elle insiste pour l'avoir à dix mille. Ma foi, j'ai envie de le lâcher... Par le temps qui court...
FRANÇOISE
Tu ferais bien.
MARCEL, lui tendant la dëpèch«.
Douterais-tu? .