SCÈNE PREMIERE
FRANÇOISE
Pas la muins du monde.
Marcel met la dépêche dans sa porche. Un silenee. MARCEL^ hésitant à sortir, à part.
Elle est gentille, ma femme, très gentille : un petit bonheur de poche I
FRANÇOISE
Eh bien, tune sors plus?
MARCEL, étonné.
ComçaentI tu me chasses?
FRANÇOISE
Puisque tu déjeunes dehors; le train part dans quelques minutes.
~ MARCEL, subitement amoureux.
Est-ce que je suis pressé quand tu es jolie? Et tu es adorable ce matin.
FRANÇOISE
Tu trouves?
Un silence.
MARCEL, à part.
C'est curieux, c'est toujours comme ça, chaque fois que j'ai un rendez- vous.
FRANÇOISE
Maintenant, adieu. J'ai assez de toi. Tu déranges mes projets de, solitude en restant. Moi qui m'apprêtois déjà à être mélancolique. Il n'y a pas moyen d'être gaie ni trjsie avec cet homme. Va-t'en.
MARCEL, ôtant son chapeau.
D'abord, je suis chez moi ici, c'est mon atelier. Ta maison est là-bas dans le jardin.
, FRANÇOISE
Oui^ c'est là-bas seulement que tu es marié»
MABGBL^ se défendant. Oh! (Avec reproche, tendrement.) DiS-moi, Françoise,
pourquoi ne veux-tu jamais sortir avec moi?
FRANÇOISE
Je n'aime pas le monde^ tu sais bien.
MARCEL
On me voit toujours seul partout.
FRANÇOISE
Tant mieux pour toi, on te croit garçon.
MARCEL
A t'entendre, les gens mariés ne devraient pas vivre ensemble.
FRANÇOISE
Peut-être te verrais-je plus souvent, si nous n'étions pas mariés.
MARCEL
Ce n'est donc pas une joie pour vous, madame, d'être au bras de votre mari?
FRANÇOISE
N'est-ce pas aussi une joie de se dire .: il est libre, je ne suis pas sa femme, il n'est pas mon mari; je ne suis pas le devoir, la chaîne, je suis la fantaisie, l'amour. S'il part, c'est qu'il s'ennuie, mais s'il revient, c'est qu'il m'aime.
MARCEL
Tiens, Françoise, tu es forte, toil
Vraiment?