SCÈNE HUITIÈME
A Vanîna) étendue et immobile.
Va, ne regrette rien, petite aux longues tresses ;
Il dira ton histoire à ses autres maîtresses.
Car il est de la race ingrate des rimeurs.
Et grâce à^ ses beaux vers, ô pure enfant qui meurs,
A travers le cercueil où ses mains t'auront mise.
Les gais Vénitiens te verront en chemise.
RRNATO.
Je suis un malheureux, je suis un criminel.
LAZZARO, à Vanina. '.■'..«
Plains-toi de cette vie à ton Dieu paternel. Va, ne regrette rien; toujôurs,*malgré leurs flammes, Les hommes ont menti sur la bouche- des femmes; Et le temps d'un bonheur est si vite fini.
RENATÔ.
Pardonne-moi, Nina.
LAZZARO, à Renato.
Le duel est puni.
Emportons l'enfant mort et cachons les rapières.
RENATO
Une larme d'amour mouille encor ses paupières.
Et l'indignation ferme son poing crispé.
RENATO
Elle m'était fidèle.
LAZZARO
Elle t'aurait trompé.