‹ Théâtre d'amourChapitre 54 sur 232 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PA.SGAI*,

J'attends Etienne.

GERMAINE

Pourquoi n'êtes- vous pas entré chez moi ?

PASGAi;..

Vous aviez des gens «nnuyeux.

GBRMAIKB.

Vous m'auriez aidée â les recevoir,

j^-^ , PASCAL.

Me déranger? Jamais de la vio.

, ^ GERMAINE

Je me ^uveu Allons, égoïste, venez avec moi.

,.. ijioÀviJy^ PASCAL.

Voyons, ma^ petite Germaine, vous n'y songez pas, Regardez comme je suis bien installé.

GERMAINE, prête à sortir.

Gros clmt.

PASCAL

Ah ! ne m'abandonnez pas, je vais être tout seul à présent.

G^aMAINB

J'ai peur qu'on ne sonne. '

PASCAL

Restez»

0SAMAIKE.

Non.

PASCAL

Quand votre mari rentrera^ j'empêcherai qu'on

YOu« avertis^eé

i2 AMOUREUSE

GERMAINE

Ça m'est bien égal, je le guette.

PASCAL

A quelle heure s'en va-t-il ?

BëRMAINB, prenant une chaise et venants fcbseoir tontprcde lui.

A huit heures, mon hon Pascal.

PASCAL

Tiens, vous vous asseyez.

GERMAINE

Croyez-vous, hein? Il part ce soir pour l'Italie. Il va présider là Délégation française au congrès médical. . ,<.

PASCAL. J> \ r \-".v-

Singulière idée, nous lâcher ainsi I \

GERMAINE

Depuis huit ans que nous sommes mariés, c'est la première fois que nous nous quittons.

PASCAL

Depuis quinze ans, je ne suis pas resté un seul jour sans le voir.

Il paraît que ce voyage est nécessaire à ses travaux.

PASCAL

Qu'est-ce que ça peut nous faire, ses travaux ?

GERMAINE

Pauvre garçon, je le persécute, je le tourmente. Il n'est pas fâché de prendre un peu de liberté.

PASCAL

Entre nous, ma chère, vous devenez insupportable.

ÂGT$ PREMIER 133

GERMAINE

Je le sais bien. Que voulez- vous ? Les peûdulas d'une maison ne sont pas toutes réglées sur la môme heure; quand Tune avance, l'autre retarde.

PASCAL

£t elles ne sonnent jamais en môme temps.'

^ GERMAINE

Quelle force de ne pas aimer son mari ! Si je n'adorais pas le mien, les choses iraient beaucoup mieux.

PASCAL

Le fait est que tout va de travers chez vous. On se dispute, on mange mal... Si ça continue, je ne fiche plus les piedfe ici. "

. > >>vw' -■• lA ; ,' / ^ \ GERMAIN E .

Vous chercherez une maison plus tranquille.

PASCAL

Je plaisante. Je suis trop vieux pour changer mes habitudes.

GERMAINE

Faites comme votre ami, voyagez.

PASCAL

Mes chagrins me retiennent à Pai'isu

GERMAINE

y Votre écuyére, toujours? \ \«

PASCAL

Encore.

G£HMA«tNB.

Et vous ne travaillez pas?

PASCAL

Ma foi, non.

134 AMOUllEUSE

Qaei dommage! J'ai. vu hier le directeur delà Revue illustrée. Il n'est pas content^ vous savez ?

PASCAL

Un directeur qui rage, c'est toujours amusant.

• aBRIIAlNE.

Il attend vos dessins depuis un mois.

PASCAL

Il a eu tort de me les payer d'avance.

GERMAINE

Mauricette est une maltresse cherf

PASCAL

Pas encore, elle est si jeune.

CERMAINB.

Sérieusement Pascal, pour votre dignité, vous devriez rompre avec cette femme.

PASCAL

Je ne fais que ça.

GERMAINE

Vous ne l'aimez pas, eHe vous trompe, et vous souffrez comme si vous l'aimiez.

PASCAL

Elle me martyrise, elle ne me trompe pas.

GERMAINE

Naïf.

PASCAL

L'amour est aveugle.

GERMAINE

Vous en voyez pourtant de toutes les çÇHiI^on»

▲GTE PREHIEtt 135

PASCAL

J'en conviens.

GERMAINE

Si vous étiez raisonnable, vous m'écouteriez...

PASCAL

Et j'épouserais madame Brissot. i

GERMAINE

Pourquoi pas?

PASCAL

Une femme divorcée? Un livre déjà lu)

aeitMAïKB.

Mais pas épuisé.

PASCAL

Vous y tenez beaucoup?

GERMAINE

Dame, mon ami, einquanfce mille ftranos de rente.

PASCAL

Vous n'êtes pas honteuse de parler ainsi, vous qui avez fait un mariage d'amour?

GERMAtKB.

On peut aimer madame Brissot.

PASCAL

Trop maigre.

GERMAINE

Eh! les maigres, c'est quelquefois dangereux.

PASCAL

Gomme les arêtes. Je refuse. D'abord, elle est assommante avec sa dévotion, votre madame Brissot Oh t les femmes gui ^'occupent du bon Dieu, je...

GERMAINS

Vous les envoyez au diable.

PASCAL

Si Dieu s'occupait d'elles, passe encore, je comprendrais, mais...

qermaÏ.'^*»--

Allons, ne commence4 |)as à dire du mal de Dieu, c'est démodé. . . ^ - \^

PASCAL

Soit, disons dubiçn de lui. Puisqu'il n'est pas là, c'est plus généreux. ^^' ' - • ' ,

GERMAINE. ; '

Ma foi, c'est le seul absent qu'on épargne. ^ ^vV

PASCAL. y '

Parce qu'on ne Ta jamais vu. ' , ,

GERMAINE

Taisez-vous, vous parlez comme un conseiller hiunicipal.

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