ACTE PREMIER
PA.SGAI*,
J'attends Etienne.
GERMAINE
Pourquoi n'êtes- vous pas entré chez moi ?
PASGAi;..
Vous aviez des gens «nnuyeux.
GBRMAIKB.
Vous m'auriez aidée â les recevoir,
j^-^ , PASCAL.
Me déranger? Jamais de la vio.
, ^ GERMAINE
Je me ^uveu Allons, égoïste, venez avec moi.
,.. ijioÀviJy^ PASCAL.
Voyons, ma^ petite Germaine, vous n'y songez pas, Regardez comme je suis bien installé.
GERMAINE, prête à sortir.
Gros clmt.
PASCAL
Ah ! ne m'abandonnez pas, je vais être tout seul à présent.
G^aMAINB
J'ai peur qu'on ne sonne. '
PASCAL
Restez»
0SAMAIKE.
Non.
PASCAL
Quand votre mari rentrera^ j'empêcherai qu'on
YOu« avertis^eé
i2 AMOUREUSE
GERMAINE
Ça m'est bien égal, je le guette.
PASCAL
A quelle heure s'en va-t-il ?
BëRMAINB, prenant une chaise et venants fcbseoir tontprcde lui.
A huit heures, mon hon Pascal.
PASCAL
Tiens, vous vous asseyez.
GERMAINE
Croyez-vous, hein? Il part ce soir pour l'Italie. Il va présider là Délégation française au congrès médical. . ,<.
PASCAL. J> \ r \-".v-
Singulière idée, nous lâcher ainsi I \
GERMAINE
Depuis huit ans que nous sommes mariés, c'est la première fois que nous nous quittons.
PASCAL
Depuis quinze ans, je ne suis pas resté un seul jour sans le voir.
Il paraît que ce voyage est nécessaire à ses travaux.
PASCAL
Qu'est-ce que ça peut nous faire, ses travaux ?
GERMAINE
Pauvre garçon, je le persécute, je le tourmente. Il n'est pas fâché de prendre un peu de liberté.
PASCAL
Entre nous, ma chère, vous devenez insupportable.
ÂGT$ PREMIER 133
GERMAINE
Je le sais bien. Que voulez- vous ? Les peûdulas d'une maison ne sont pas toutes réglées sur la môme heure; quand Tune avance, l'autre retarde.
PASCAL
£t elles ne sonnent jamais en môme temps.'
^ GERMAINE
Quelle force de ne pas aimer son mari ! Si je n'adorais pas le mien, les choses iraient beaucoup mieux.
PASCAL
Le fait est que tout va de travers chez vous. On se dispute, on mange mal... Si ça continue, je ne fiche plus les piedfe ici. "
. > >>vw' -■• lA ; ,' / ^ \ GERMAIN E .
Vous chercherez une maison plus tranquille.
PASCAL
Je plaisante. Je suis trop vieux pour changer mes habitudes.
GERMAINE
Faites comme votre ami, voyagez.
PASCAL
Mes chagrins me retiennent à Pai'isu
GERMAINE
y Votre écuyére, toujours? \ \«
PASCAL
Encore.
G£HMA«tNB.
Et vous ne travaillez pas?
PASCAL
Ma foi, non.
134 AMOUllEUSE
Qaei dommage! J'ai. vu hier le directeur delà Revue illustrée. Il n'est pas content^ vous savez ?
PASCAL
Un directeur qui rage, c'est toujours amusant.
• aBRIIAlNE.
Il attend vos dessins depuis un mois.
PASCAL
Il a eu tort de me les payer d'avance.
GERMAINE
Mauricette est une maltresse cherf
PASCAL
Pas encore, elle est si jeune.
CERMAINB.
Sérieusement Pascal, pour votre dignité, vous devriez rompre avec cette femme.
PASCAL
Je ne fais que ça.
GERMAINE
Vous ne l'aimez pas, eHe vous trompe, et vous souffrez comme si vous l'aimiez.
PASCAL
Elle me martyrise, elle ne me trompe pas.
GERMAINE
Naïf.
PASCAL
L'amour est aveugle.
GERMAINE
Vous en voyez pourtant de toutes les çÇHiI^on»
▲GTE PREHIEtt 135
PASCAL
J'en conviens.
GERMAINE
Si vous étiez raisonnable, vous m'écouteriez...
PASCAL
Et j'épouserais madame Brissot. i
GERMAINE
Pourquoi pas?
PASCAL
Une femme divorcée? Un livre déjà lu)
aeitMAïKB.
Mais pas épuisé.
PASCAL
Vous y tenez beaucoup?
GERMAINE
Dame, mon ami, einquanfce mille ftranos de rente.
PASCAL
Vous n'êtes pas honteuse de parler ainsi, vous qui avez fait un mariage d'amour?
GERMAtKB.
On peut aimer madame Brissot.
PASCAL
Trop maigre.
GERMAINE
Eh! les maigres, c'est quelquefois dangereux.
PASCAL
Gomme les arêtes. Je refuse. D'abord, elle est assommante avec sa dévotion, votre madame Brissot Oh t les femmes gui ^'occupent du bon Dieu, je...
GERMAINS
Vous les envoyez au diable.
PASCAL
Si Dieu s'occupait d'elles, passe encore, je comprendrais, mais...
qermaÏ.'^*»--
Allons, ne commence4 |)as à dire du mal de Dieu, c'est démodé. . . ^ - \^
PASCAL
Soit, disons dubiçn de lui. Puisqu'il n'est pas là, c'est plus généreux. ^^' ' - • ' ,
GERMAINE. ; '
Ma foi, c'est le seul absent qu'on épargne. ^ ^vV
PASCAL. y '
Parce qu'on ne Ta jamais vu. ' , ,
GERMAINE
Taisez-vous, vous parlez comme un conseiller hiunicipal.