ACTE PREMIER
PASCAL
Naturellement. Il est toujours fatigué quand il rentre, et jamais quand il sort.
GERMAINEy à Etienne.
Attrape !
PASCAL
Donne-nous des explications. Pourquoi cette longue absence?
Oui, d'où viens-tu?
ETIENNE
Je sors de l'Académie.
PASCAL
Ce n'est pas vrai.
GERMAINE
Il n'y a pas eu séance aujourd'hui.
. ETIENNE, so versant à boire.
Je présidais une commission.
GERMAINE
Je te crois, moi.
PASCAL
Ah! ne bois pas mon vin.
ETIENNE
Je suis en retard parce que je suis revenu à pied.
GERMAINE
Un amoureux aurait pris une voiture.
ETIENNE
J'ai voulu prendre le tramway.
lâfe AMOUREUSK
PASCAL
C'est d'un ami.
ÉTIKNNI. . '
Mais il fallait attendre trop longtemps, j'ai perdu patience.
PASCAL
Et tu as fait une bonne marche hygiénique, je te pardonne.
ETIENNE, sortant de sa poche un numéro de tramway.
Ce numéro que j'ai négligé de rendre atteste ma sincérité : 53 1 ^
il le remet dans sa poohe.
PASCAL
Alors, c'est décidé, tu vas représenter la France à un congrès? *
ETIENNE
Je pars pour Florence tout à l'heure.
PASCAL
Tu oseras revoir l'Italie sans moi?
ETIENNE
Viens, je voyage avec Marcotte et sa maîtresse.
PASCAL
La petite Janin?
GERMAINE, avec hun^eur.
L'amie de mademoiselle Villiers; un ménage que tu voyais beaucoup autrefois ?
ÉTIENNB.
Justement.
PASCAL
Tu me tentes, j'ai envie de t'accompagner ; mais, je réfléchis, Germaine va être tout à f^it seule.
Digit^ed by VjOOQIC
▲CfE I^RÈiflÈR iâ9
Si ta m'enitnenais?
ÉtïËNNÉ
Tu es folle.
PASCAL
Nous ne sommes pas forcés dd moûter daûs le wagon des Marcotte.
ETIENNE, désignant Germaine.
Si je l'emmène là- bas je n^aurai pas le temps de la voir.
PASCAL
Je la verrai, moi.
ÉTIENNB.
Je reviens dans huit jours.
GERMAINS
N'insistez pas.
PASGAIi*
Alors, je reste ailësi.
fii^lENNÈ.
Ce n'est pas gentil de vous abandoniiér; mais vous en conviendrez^ je 4'ai pas le droit de décliner cette mission, (s'animant.) Une mission qui va me permettre de défendre mes idées. Grâce à ce congrès, la prophylaxie des maladies contagieuses...
^ PASCAL
Ah t tu ne vas pas riouis fait-é une conférence î
ÔÈRMÀINÈ.
Tu exposeras tes thêôrléâ à mademoiselle Janin, en wagon.
ETIENNE
Elle s'y intéressera peut-être plus que toi.
PASCAL
Parbleu, tu n'es pas son mari.
ÉTIENNE
Soit, ne parlons pas de mes affaires.
Allons, ne prends pas ton air fâché.
PASCAL
On sait bien que tu n'es pas le premier venu.
GERMAINE
Ne riez pas, ses travaux ont servi à quelque chose.
ETIENNE
Peut-être.
PASCAL
Allons donc. Les découvertes de la médecine, ressemblent à celles de l'artillerie. Elles enseignent à luer l'homme plus vite, voilà tout.
GERMAINS
Moins il y en a,..
PASCAL, désignant Éti«BB«.
Pourvu qu'il en reste un.
ETIENNE, avec humeur.
Ah ! cette lampe qui file.
Il remonte la lampi
GERMAINE
Vous dînez avec nous, Pascal?
PASCAL
Ça dépend, si le dîner est bon.
▲GTE PREMIER 141
ÉTIBNNK.
C'est moi qui ai commandé.
PASCAL
Tu me rassures.
ETIENNE
Je fais le menu à présent. Tu as un caneton et un« Balade russe.
PASCAL
Seulen^ent?
ÉTIBNNB.
Oui.
PASCAL
Ajoute des écrevisses pour ta femm^é
ETIENNE
Elle n'en a pas besoin.
GERMAINE^ à Pascal.
Vous I... (a Etienne.) Es-tu passé chez Doucet?
ETIENNE
Ta robe sera prô^e demain.
GERMAINE
Tu n'as pas oublié, merci.
A propos...
GERMAINE
Qu'est-ce que tu cherches dans ta poche? un cadeau?
ETIENNE
Tu devines.
U donne an ^etit écrin à Garmaine.
OERMAIKiiè
Une bagne!
Voyons.
aERMAÎMtf.
Oh!'(îrf'elleeât jolie f
PASCAL, grognoa.
Je ne trouve pas, le dîâfùaht est trop petit
ÉTIBNNB.
Tu es contente?
PASCAL
On ne m'apporte jamais rien à mol.
GERMAINB.
Il faut que je t'embrasse.
Eh bien I embrasse-moi vite.
GERMAINE, avec amour.
Est-ce qu'on peut s'embrasser vite?
PASCAL
Je me retourne.
OERHAINB.
Inutile.
PASCAL, à âtienM.
Tu ne perdras rien pour attendre.
GERMAINS
Alors, ta m'aimes un petl?
ÉTIENNB.
Tu lé sais bieii.
▲QTP P^fiMI^a 143
PASCAL
Ah t mes enfants^ ayez pitié de moi^ je suis tout seul.
Gomme tu es décoljetéçl
GBRMAINIÇ. ' •
Pst-ce un reproche?
ETIENNE, séduit.
Oui et non. Me voilà charmé malgré moi, troublé tout à coup; et j'ai de si graves préoccupations en ce moment que j'aurais préféré... ne pas penser à autre chose.
Madeleine entre avec des lettres sur un .plateau. aBRMAINfi. ^
Des lettres!
ETIENNE, k Madeleine
Donnez.
GERMAINE, rendant à Etienne une lettre qu'elle Tieni 4« pr^ndre*
Oh! Je n'allais pas l'ouvrir.
ÉTIBNNB.
Tu la sentais. I
a^RMAINB.
C'est différent.
PASCAL
C'est touf comme. Un parfum, c'est un petit nom.
Madeleine sort.
ETIENNE, assis à son bureauj dépouillant son courrier.
Des demandes de consultations, mais je ne fais pas de clientèle... la Revue d'Edimbourflt...Un article da
144 AMOURKUSE
Mackensie sur la diphtérie et la méthode de Gau« cher... Tiens, mon nom, plusieurs fois... Tu ne sais pas l'anglais, Pascal ?
Je ne sais môme pas le russe.
ETIENNE
Plus tard... Une facture de Reboux^'deux cent dix
francs.
GERMAINE
Mon chapeau noir. ,
ETIENNE, à Germaine, lai tendant U faciur«.
Tiens.
GERMAINE, refasant.
Tu feras payer.
ETIENNE
Soit, je m'en charge.
PASCAL
Vraiment, il est trop bon, ma petite Germaine, ces choses-là vous regardent. De quoi donc vous occupez-vous toute la journée?
' ETIENNE
Ma femme, elle s'occupe de son mari; et moi, j« m'occupe du reste.
GERMAINE
Oh ! que tu es gentil, quand tu rages, je t'adora.
Le métier commence à me lasser.