I AMOUREUSE PASCAL
Non.
ETIENNE
Tiens, ta, voilette, toujours des épingles sur mon bureau.
GERMAINE
Si tu étais garçon, tu ne t'en plaindrais pas.
ETIENNE
Je ne trouve pas. On ne trouve rien dans cette nàalson.
Excepté de la poussière.
ETIENNE
J'écrirai plus tard. Quel pillage I j'aurais besoin d!un secrétaire pour mettre de Tordre ici. Il m'aurait fallu une sœur ou quelque tante de province, un peu agaçante, mais qui aurait circulé' dans l'appartement et rangé mes affaires. Je n'ai pas même une belle» mère I •
Madeleine rentre avec un paquet PASCAL, à Madeleine.
Quoi encore?
MADELEINE
Des livres pour madame.
GERMAINE, ouvrant le paquet.
Un Cœur de femme,/.
ETIENNE
Notre Cœur.
PASCAL
Leur CœWé
àGTE PREMIER 147
aSRMAINB.
Treis Cœwrs.
Madeleine lort.
ÉTIBNNB,
Bourget, Matipassant.,.
GERMAINE
Lavedan^ Rod.
PASCAL
Des histoires d'amour.
ÉTIENK8.
De l'adultère.
GERMAINE
Des chagrins de femme.
ÉTIENKB.
Voilà ses lectures.
GERMAINE
Je lis ce que je comprends le mieux.
ETIENNE
Mais trompe-moi donc une bonne fois, puisque tu es si curieuse I
PASCAL
Patience.
GERMAINE
Il ne faut^jurer de rien. Ta vie de garçon est terminée^ la mienne commence.
ETIENNE
Ta vie de garçon ?
Sans doute^ ta es le premier amant*
14a AMOUREUSI
ÉTISNMX*
Et le dernier.
GERMAINB.
Je le souhaite de tout mon cœur.
ÉTIENNB
Tu n'en es pas sûre ?
PASCAL
Prends garde, mon cher, tu es féroce quelquefois Une folie est bientôt faite.
ETIENNE
Une honnête femme réfléchit.
GERMAINE
Ëspérons-le.
PASCAL
Bahl un déshonneur, c'est comme un deuil, on vous confectionne ça dans les vingt-quatre heures.
âTIENNE.
Si jamais tu trompes ton mari, choisis bien, mon amour, car nous sommes tous des canailles.
Excepté moi.
ETIENNE
Oui, tu es un brave homme, toi.
GERMAINE
Aussi, vous n'avez aucune chance.
PASCAL
Et pourquoi n'ai-je aucune chance ? Je me révolte à la fin. Tenez, vous avez peut-être été maladroite an refusant de m'épouser, il y a neuf ans.
àGTK PREMIER 149
GERMAINE
Une fallait pas charger Etienne de votre demande.
ETIENNE
Je me suis loyalement acquitté de la commission,
GERMAINE
Il a beaucoup insisté.
PASCAL
Un peu plus, et mon bonheur était fait.
GERMAINE
Un peu plus, j'étais votre femme et (s'a^ressant à Etienne.) je' devenais ta maîtresse.
Ce sera peut-être le contraire.
GERMAINE
Jamais, mon bon Pascal.
ETIENNE, en plaisantant, à Pascal.
Qui sait?... malgré tes histoires, au fond, tu n'aimas que ma femme.
PASCAL
Hélas I
ETIENNE
Et si je la rends trop malheureuse, tu la consoleras.
PASCAL
Tu crois? chic!
ETIENNE
Un jour, nous nous séparerons, ma chérie, tu me quitteras, j'en ai le pressentiment.
GERMAINE
Te quitter? Oh J ça jamais, n'y compte pas, mon
150 AMOUREITSK
ami, ne caresse pas ce fol espoir, ce n'est pas la peine ; quoi que je fasse, quoi que tu fasses, je resterai là, dans ton existence, dans ta maison, à tes côtés, toujours, quand même, comme un petit cram* pon.