PA.8GAL
Cramponne tte f.
fiTIENNB.
Tu es terrible.
aERMAINB.
' Éternellement, nous vivrons ensemble.
PA'SGAL.
Et on t'enterrera avec elle.
ËTIENNB.
Ah ! ça non, par exemple, je veux être seul làbas.
GERMAINR.
Pourtant, là-bas je ne te gênerais pas beaucoup»
ÉTIBMNB.
Non, je ne veux pas.
PASCAL
Eh bien, pars le premier, elle verra après.
ÉTIBNNE.
Ça ne sera pas long, mes amis, je vieillis... heu* reusement.
PASGAL.
Heureusement?
ETIENNE, avec amertume.
Oui, j'attends impatiemment la vieillesse^ J^at-
▲GTE PREMIER 151
tends l'âge où le cœur est apaisé. Quelle joie de vieillir I
GERMAINE
Quelle joie d'avoir des cheveux blancg t
PASCAL
Ou de n'en plus avoir du tout.
ETIENNE
Je me vols au coin du feu, raisonnable, assagi, dédaigné, à côté de mes livres, à côté de ma femme et de mon fils, car il faut bien es^<irer qu'un jour ou l'autre...
PASCAL
Un enfanl; ? Tu peux demander ça à un ami.
ETIENNE
Ah ! quelle ivresse de sentir son cerveau libre. Le bon temps I des amoureux pourront passer sous mes fenêtres, je ne les suivrai pas d'un œil d'envie. Non, je me frotterai les mains en songeant à leurs tourments, à leurs agitations, à leurs jours gaspillés, à toutes ces heures volées au devoir, au travail, à la pensée. Ce sera le bonheur. Alors j'aurai soixante ans.
GERMAINE
Oui, mais tu n'en as que quarante-trois.
£t tu es solide.
ÔERMAINE.
Encore vingt ans à'amour, mon pauvre ami. Du courage.
ETIENNE
Pardonne-moi, je dis des choses que je ne pense pas.
PASCAL, bat à ÉtienB««
Tu la blesses, mon cher.
ETIENNE
Si seulement elle pouvait rester fâchée huit jours!
PASCAL
Tune le voudrais pas.
MADELEINE, entrant.
Madame deChazal et madame Henriet sont chez madame.
GERMAINE
J'y vais.
Ma4«Ieine aort.
PASCAL
Deux femmes du monde.
Deux dindes, qui no viennent pas pour moi, mais pour mon mari.
PASCAL
L'habitude de la maison.
GERMAINE
Tu n'as pas encore de cheveux blancs
PASCAL
Elles voudraient vous le prendre ?
GERMAINE
Elles me l'ont peut-être déjà pris%
ETIENNE
Voyons, Germaine.
GERMAINE
Ah ! Je n'ai pas d'illusions sur mes amies, moi, je sais ce qu'ellaa cherchent.
àCTE PREMIBa 153
PASCAL
Et il VOUS reproche de ne pas voir de femmes.
GBRMAINE» prête à lortir.
Dame^ je le prive d'occasions.
ETIENNE^ agao4.
Tu es injuste.
GERMAINE
Il y en a une qui a été volée tout à l'heure. Sous prétexte de lui deiimnder un conseil important, elle a insisté pour entrer dans son cabinet. Je lui ai ouvert la porte ; mais, attrape, l'homme d'amour était sorti.
ETIENNE
Qui ça?
GERMAINE
La petite Ghailly.
PASCAL
Cette veuve, dont le mari est mort le soir môme de son mariage ?
GERMAINE
Heureux mari I
ETIENNE
Au fait, j'oubliais, ne compte pas sur ton coiffeur demain matin .
GERMAINE
Pourquoi?
ETIENNE
n ne viendra pas^ il s'est pendu.
GERMAINE
Pendu t
154 illOUREUSK
PASCAL
' Dans sa vitrifie ?
ÉtIBNMB.
Sa femme le trompait.
OERMAIî^E.
Pauvre diable I... Ce n'est pas toi qui te pendrais, liein ?
Qui sait?
GSBMAI^E^ avec reproche.
Oli I la ficelle casserait.
Mon Dieu, mon Dieu !...
a&RMAIKB.
Je les expédie, et je reviens.
PASCAI4.
Nous ne sommes pas inquiets.