ACTE PREMIER
GERMAINE
Aussi^ si tu avais un peu de bon sens, au lieu de te dérober à mon amour les trois quarts du temps, lu le subirais avec philosophie. A ta place, je me dirais : puisque le Ciel m*a condamné à l'adoration de tQutes l'es femmes, eh bien, laissons^la faire, au tant elle qu'une autre, en somme ; elle est gentille
ETIENNE
Et les jours où Ton n'est pas en train, où l'on travaille, où l'on est de mauvaise humeur ?
GERMAINE
Ça ne fait rien, ces jours-là, on s'interrompt, on sourit, et on pense tout bas : elle va bien m'ennuyer, mais elle sera si conte'nte!
ETIENNE
£h bien ! aime-moi tout de môme.
GBaMAINB.
Tant que je veux?
ETIENNE
Oui, mais pas plus.
GERMAINE
"" Oh ! tu as déjà le trac.
ETIENNE
Est-ce que tu crois que cette passion durera touours?
J'en s^i peur.
ETIENNE
Alors, jusqu'à la fin de tes jours, ton mari sera ton 'nique préoccupation?
184 AUOUREUSB
GERMAINE
Même vieille, en cheveux blancs, je n'aurai que ce souci-là. Résigne-toi, mon pauvre ami. Je fài dans le sang.
:^TIENNE, éclatant.
Tiens, je t'adore.
GERMAINE
Oh t repète-le. Si tu le sais, moi, je ne le sais pas.
ETIENNE
Je t'adore» je t'adore.
GERMAINE
Plus que la raison, plus que le travail î
ETIENNE
Plus que la science.
Plus que le congrès de Florence?
ETIENNE
Je m'en moque un peu, du congrès, et je n'irai pas.
GERMAINE
Ah I pas de bêtises, tu partiras, c'est convenu.
ETIENNE
Je reste avec toi.
GERMAINE
Je ne veux pas. Va t'apprêter. Puisque tu m'aimes, je û'aurai pas de chagrin. Assez d'enfantillages,
ETIENNE
Nous ne nous sommes jamais quittés, ne cpmmençons pas.
GERMAINE
Voyons, Etienne, tu n'es pas sérieux; ton devoir est de t'en aller, tu le sais bien*