SCÈNE PREMIÈRE
MARGBL.
Pourquoi hélas?
FRANÇOISE
Parce qu'on se passe plus volontiers de bonheur que de plaisir.
MARCEL^ tendrement.
Mais la chose sérieuse de ma vie^ c'est toi^ sachele bien, c'est toi la préférée. Qu'une femme ose troubler ton repos, et elle aura affaire à moi, je te le promets l Appelle ça de Têgoïsme, mais ta quiétude m'est nécessaire.
FRANÇOISE
Tu n'as pas besoin de préparer l'avenir, mauvais sujet : il y a longtemps que j'ai fait la part du feu. Je suis toute petite, mais je suis plus vieille que toi.
MARCEL
Tiens, veux-tu que je te dise ? je ne te méritais pas.
FRANÇOISE
Ça, c'est vtai.
MARCEL
Quand je pense que tu aurais pu faire le bonheur d'un brave homme et que...
FRANÇOISE
Et mon bonheur à moi, quf l'aurait fait?
MARCEL
Tu n'es pas heureuse...
FRANÇOISE
Je ne me suis pas mariée pour être heureuse, je me suis mariée pour t'avoir.
18 LA GHANCK D£ FRANÇOISE
MARCEL
Suis-je stupide I Ce serait si gentil, si je n'étais qu'un mari fidèle.
Tu le seras, j'en suis sûre.
ICARCEL.
Vrai, tu crois ?
FRANÇOISE
Je t'en réponds. A quoi bon me tromper, bêla ! Ça me ferait tant de peine, et ça te ferait si peu de plaisir.
HARCBL.
Tu as raison
FRANÇOISE
Non, tu ne me tromperas pas. D'abord, moi, j'ai [^^ de la chance.
MARCEL, gaiement.
Oh! oui, tu as de la chance, petite ; tu ne sais pas comme tu en as.
FRANÇOISE, coquette.
Raconte.
MARCEL
Es-tu folle ?
FRANÇOISE
J'ai couru des dangers, hein?
MARCEL
Eh bien, oui ! parfois je m'imagine que le bonheur n'est pas là, dans ces yeux malins, et j'essaye d'aimer une autre femme ; je me monte la tête pendant quinze jours, je me crois amoureux ; mais, quand il