ACTE DEUXIÈME
choses. C'est un détail, pourvu qu'on soit là, pourvu qu'il vous possède. On peut mourir d'ennui à ses côtés, on peut exécrer ses caresses, it ne s'en aperçoit pas, il ne veut pas s'en apercevoir : sa discrétion calculée est aussi odieuse que sa curiosité,
PASCAL
Allons^ ne sois pas si nerveux^ tu te fais plus féroce que tu n'es, elle te plaît tout de même.
ETIENNE
Oui, quelquefois.
PASCAL
Poseur! Je t'ai vu emballé, très emballé.
Quelquefois.
PASCAL
Dans tous les cas, tu en as souvent l'air.
ETIENNE
J'en ai l'air, vieille habitude.
PASCAL
Eh bien, tu as tort de la garder. Et, il faut que je te le dise, par parenthèse. De ta vie de libertin, tu as conservé avec ta femme, aussi bien qu'avec les autres, des allures, des façons, des coquetteries, des coquinejries qui appellent, qui provoquent l'amour, et à sa suite la jalousie... Rends-toi compte, mon cher, ta tendresse capricieuse ressemble souvent à de la passion. Malgré tous ses froissements, malgré toutes tes suppositions, Germaine s'imagine, et est en droit de s'imaginer que tu l'aimes. Ce qui vous reste de bonheur repose sur un malentendu; si jamais tu le dissipes, tu seras cause d'un désastre.
UNiVERGlTY |
210 AMOUREtJSi
. ÉTIBNKB.
Peut-être bien.
PASCAL^ prenant son ehapeau.
Pauvre petite I
Madeleine entre^ portait le dîner sur un plateau. Slle dresse le couvert sur une petite table» pendant qu'jÊtienue et Pascal achèvent leur conversation.
Tu pars ?
PASCAL
Vous allez dîner ?
ETIENNE
Je ne t'ai pas seulement parlé de tes chagrins, pardonne-moi.
PASCAL
Mes chagtins ont moins d'importance que les vô* t^^es.
ETIENNE
Où vas- tu? Chez Maurice tte ?
PASCAL
Pour changer.
ETIENNE
Ça devait être, puisque vous âViez rompu.
PASCAL
Et pourtant ce n'est pas la maîtresse idéale.
ETIENNE
La maîtresse idéale est celle qu'on peut quitter.
MADELEINE) interrompant et remettant une carte à Etienne.
Cette dame n'a qu*un mot à dire à monsieur.
AOTË DEUXIÈME '^fl
ÉTIElfTNB^ à part^ lisant*
Catherine VillierB î < a Mâdeieitié.) Faites eiltrèn
Madeleine sort. Etienne passe la carte à Pascal. PASCAL.
CathéHne? TietisI
ETIENNE
Que peut-elle me vouloir à cette heure-ci î
i>ASGAL.
Une somnambule lui aura peut-être dit que tu étais triste et elle vient poui* te consoler.
ÉTIBNMH.
Reste.