‹ Théâtre d'amourChapitre 86 sur 232 · ACTE DEUXIÈME âiÔ · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME âiÔ

PASCAL

Toujours le môme alors ?

CATHERINE

J>epuis huit ans.

PASCAL

Nom de nom !

ETIENNE

Tais-toi donc !... Eh hien, le docteur Moriceau part à ma place... Voulez- vous un mot pour lui?

CATHERINE

Donnez toujours.

ETIENNE

Gomme cette petite jaquette vous ya bien t

CATHERINE

Ça sort d'une maison anglaise.

ETIENNE

Elle vous aecuse, et ne vous condamne pas.

Vous avez toujours vingt-cinq ans, vous!

ETIENNE, s'asseyant pour écrire.

Étonnante, pas une ride.

PASCAL

Vous n'avez pas bougé.

CATHERINE

La raison, Thygiéne, pas d'émotions inutiles. On ne vieillit pas lorsque...

PASCAL

Lofsqu'on est née très vieille.

GATHERINB.

Toujours galant.

PASCAL

Et le théâtre? On n'a pas vu votre nom sur l'afficlic cet hiver.

CATHERINE

Je passe tout mon teixips en Italie.

PASCAL

Alors vous n'êtes plus dans le mouvement?

Je suis garde-malade.

PASCAL

Ça ne vous ennuie pas de vivre avec un monsieur, nuit et jour?

CATHERINE

Je ne peux vivre que maritalement.

ETIENNE

Allez-vous à la première de Lohengrin, ce soir?

CATHERINE

Non, mais j'étais hier à la répétition.

ETIENNE

Eh bien?

CATHERINE

Gros succès.

ETIENNE^ se levant.

Dans ce cas, je ne vous offre pas mes places.

CATHERINE

Gardez-les, j'ai vu la pièce.

ETIENNE, lui remettant une lettre.

Voici, ma chère amie. Quand repartez-vous?

Demain ou après-demain.

ÉTIEKNE.

Moriceau sera à Florence avant vous. On vous dira chez lui à quel hôtel il descend là-bas.

CATHERINE^ môUant la lettre dans son petit sac.

Entendu, et merci.

PASCAL

Vous laissez tomber quelque chose.

CATHERINE

^ Ah 1 mes clé?.

ETIENNE

-Diable, quel trousseau I

PASCAL} à Catherine» lui rendant sei eléë.

Vous, VOUS devez serrer le sucre.

CATHERINE

Vous, vous en cassez trop, (a Etienne.) Vous tra* * Faillez toujours beaucoup ?

ETIENNE

Moins qu'autrefois.

^ PASCAL, à Catherine» gouailleur.

Hein?- Les petites orgies de la rue La Bruyère/

CATHERINE

Au troisième.

Jusqu'à dix heures du soir. •

ETIENNE

Elles avaient du bon.

PASCAL

Acajou et travail 1... Il écrivait et vous cousiez.

^18 iMOUR£USE

ETIENNE

C'était l'habitude.

PASCAI^.

Je vous ai vu lui tailler des ehemises de flanelle*

CATHERINE

Ne mé faites pas gros cœur.

ETIENNE^ mélancoliquement.

Mes chemises sont en soie à présent.

PASCAL

Je vous laisse.

CATHERINE

Inutile.

PASCAL^ prêt à sortir.

Ta femme m'attend, je crois. Maintenant que voua n'avez plus rien à vous dire, vous devez avoir à causer ensemble.

CATHERINE

Au revoir, Pascal.

PASCAL, s'arrêtant.

Je m'en vais.

CATflERINB.

Comme dans le temps.

ETIENNE

C'est drôle.

PASCAL, se retournant sur 1« seuil.

Pas de bêtises!

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