ACTE DE4JXIÈIIE
qu'au bout de huit ans d6 mariage j'en sois arrivé à rindifférence complète, absolue... Eh hien, après?
Après?
ETIENNE
Que.l serait mon crime? Je ne suis pas responsable de mes sentiments. Je te dois compte de mes actes, non pas de mes pensées; ce qui se passe en mon cœur ne te regarde pas, ça ne regarde personne. J'étais ab&urde tout à l'heure, en disant le contraire. Mon cerveau m'appartient, mon cerveau est à moi I
GERMAINE
C'est juste, je m'incline. Mais puisque je t'ai perdu, puisque le mensonge dans lequel j'ai vécu ne peut pas continuer, puisque l'illusion est détruite, ma vie est finie. Je n'ai plus de raison d'être à présent, autant me tuer.
ETIENNE
Tu es folle
GERMAINE
Oui.
ETIENNE
Te tuer?
GERMAINE
Oui, je me
tuerai.
ETIENNE, avec ironie
Pour ça?
Pour ça'
ETIENNE
C4'est trop fort ! Ne peux-tu te contenter de la part de toutes les femmes? Nous sommes dans le mariage, restons-y^
GERMAINE
J'ai eu plus qu'une autre ou j'ai cru avoir pl^i: qu'une autre, je ne veux pas moins.
ETIENNE
Mais si tu te tuais, on dirait!...
GERMAINE
Je te jouerais un mauvais tour, n'est-ce pas?
ETIENNE
Tu peux bien te supprimer sans te tuer.
GERMAINE
Rester dans la maison sans souffrir ni penser? Étouffer mon cœur pour ta commodité ? Hélas ! je ne peux pas.' J'aime mieux être morte.
ETIENNE
Te tuer! Au fait, c'est logique. La manie de l'amour devait bien te conduire là. Il ne te manquait plus que de finir en béroïne de roman. Tu es complète.
GERMAINE, avec mépris» avec emportement.
Tiens, tu ne vaux pas la peine que je me tue pour toi. Rassure-toi, mon ami, je ne troublerai pas ton existence par un souvenir embarrassant, et désormais, je le jure, tu ne sauras plus mes chagrins.' .
ETIENNE
Tant mieux.
GERMAINE
Tu es le plus fort aujourd'hui, parce que tu es le moins épris, mais prends garde, la vie a ses revanches. Un jour je iféux mettre quelque chose d'irréparable entre nous, et ce jour-là, c'est toi qui seras malheureux et ridicule.