SCENE II. — ZIRPHÉE, seule, après un moment de silence
ZIRPHÉE.
J’allais éclater, je suis charmée qu’elle soit partie... Est-ce bien Phédime, cette amie si tendre que j’ai toujours vue prête à me tout sacrifier? Quel changement subit s’est opéré en elle? Il semble qu’elle préfère Phanor... Je me sens accablée... (Elle s’assied.) Une affreuse amertume remplit mon coeur; je ne puis démêler moi- même ce qui s’y passe... Oui, je quitterai ce palais... Que Phédime y reste sans moi... Demain, aujourd’hui peut-être, je m’en éloigne pour jamais. Phédime consolera Phanor; ils m’oublieront l’un et l’autre, et du moins je serai la seule à plaindre... Ah ! je méritais une autre destinée, d’autres amis! J’ai connu le malheur, mais je n’ai jamais autant souffert. On vient... ciel! c’est Phanor!... (Elle tombe sur
un siège.)