SCÈNE IV. — PHÉDIME, ZIRPHÉE
PHÉD1ME.
Où courez-vous, Zirphée?
ZIRPHÉE.
Chère Phédime, avez-vous vuPhanor?
PHÉDIME
Je le quitte à l’instant.
ZIRPHÉE.
Eh bien?...
PHÉDIME
Je savais le don qu’il devait vous faire, et je venais vous demander à quel usage vous le destinez, lorsque je rencontre Phanor éperdu, hors de lui; effrayée de son air égaré, je veux en connaître la cause... mais il reste sourd à mes questions , et il est sorti de ce palais en me disant un douloureux adieu.
Qu’entends-je, juste ciel!... il a quitté ce palais?... où est-il?
PHÉDIME
Comment le savoir?. . .
ZIRPHÉE.
Il me vient une idée... Avec l’anneau qu’il m’a laissé, je puis me transporter aux lieux qu’il ha-
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bile. C’est là que je veux être. (Elle prend la boîte, elle l'ouvre.) Voici l’anneau. . . Que vois-je? un billet. . .
PHÉDIME
Ce billet nous instruira de sa destinée.
Z1RPHÉE.
Ah ! je tremble...
PHÉDIME
Lisez, lisez...
ZIRPHÉE.
Hélas ! que vais-je apprendre ? (Elle lit tout haut.) « Je veux vous affranchir d’un objet odieux ; con- « vaincu que ma présence vous est importune, et « que je ne puis supporter la vie loin de vous, j’y « renonce sans peine. Adieu, Zirphée; recevez « l’éternel adieu du fidèle et tendre Phanor. » (Zirphée, après avoir lu :) Je me meurs. . . (Elle tombe évanouie dans les bras de Phédime.)
O ciel !... Zirphée, Zirphée !
ZIRPHÉE.
Il n’est plus... laissez-moi, Phédime, vos soins sont inutiles. La vie m’est insupportable... O Phanor! j’ai creusé ta tombe et la mienne. La malheureuse Zirphée te suivra de près. Oui, Phanor, je t’aimais... Je le sens, je ne puis exister sans
toi. (On entend un crescendo derrière le théâtre.) Qu’entends-je? (La musique continue.)
(Le théâtre change; Phanor paraît dans le fond, assis sur un trône ; son visage a repris ses premiers traits.)
ZIRPHÉE.
Où suis-je? En croirais-je mes yeux?