SCENE I. — ZULMÉE
ZULMÉE.
Quel tapage dans ce palais! Tout le monde attend avec impatience la fin de cette journée, qui doit décider du sort de l’île Heureuse ; on s’empresse, on se questionne, et les fées et les deux jeunes princesses paraissent être dans la plus violente agitation. Pour moi, attachée depuis trois jours au service de la princesse Rosalide, tous mes vœux sont pour elle. Je ne sais cependant si elle l’emportera sur Clarinde. Rosalide a, dit-on, de l’esprit, des talents et un mérite supérieur ; mais elle est fière, capricieuse : on la flatte, on l’encense, on l’admire peut-être; mais on aime Cia-
L’ILE HEUREUSE
rinde, et je crains. . . J’entends quelqu’un, taisonsnous; c’est ma jeune maîtresse...