‹ Théatre d'education a l'usage de la jeunesse (volume 2)Chapitre 32 sur 122 · SCÈNE lï. — ABRAHAM, ISA AC · texte numérisé non relu

SCÈNE lï. — ABRAHAM, ISA AC

ISÀAC.

Mon père, hâtez-vous d’offrir votre sacrifice, ma mère vous en prie. La salle du banquet est remplie de convives qui vous attendent avec impatience. Quel beau jour!... quelle fête! Et c’est Isaac, votre heureux fils, qui est l’objet de tant de soins, de tant de joie !... O mon père ! que ne puisje vous rendre tout le bonheur dont vous me faites jouir !

ABRAHAM

Va, sois satisfait, tes vœux sont exaucés !. . . Le Tout-Puissant a voulu te révéler par ma voix la gloire qu’il destine à ta postérité : parmi toutes les nations de la terre, tes seuls descendants formeront le peuple de Dieu; tu es le nœud de l’alliance que le Seigneur daigna faire avec moi. Ta naissance même fut un miracle. Dieu, changeant pour toi seul les lois immuables de la nature, féconda la vieillesse de ta mère!... Rappelle-toi chaque jour de tels bienfaits, afin de conservera jamais cette vive reconnaissance dont ton cœur est pénétré.

IS A AC

1SAAC.

Ne craignez point qu’un sentiment si cher puisse s’affaiblir avec le temps! Comment ne pas éprouver une reconnaissance profonde et durable? J’ai la plus tendre des mères, et je suis votre fils!... Oh! combien je sens vivement tout ce que je dois au Seigneur!... Je n’ai eu jusqu’à ce moment que des grâces à lui rendre : depuis l’instant de ma naissance, comblé de ses dons et de ses faveurs, heureux surtout par l’affection de ceux à qui je dois le jour, aucun chagrin, aucune inquiétude n’a troublé mon bonheur : mes yeux n’ont encore versé que des larmes d’attendrissement et de joie; nulle félicité n'est égale à la mienne... Ah! la vie m'est bien chère !... Oui, croyez-le, mou père, je suis trop heureux pour devenir jamais ingrat... Je jouis trop de mon existence pour ne pas bénir dans tous les instants celui qui m’a créé.

ABRAHAM

Enfant chéri! délices de ma vieillesse, tu justifieras toutes mes espérances... Mais Gamari ne revient point...

ISAAC

Irai-je le chercher?

ABRAHAM

Il est sur la montagne.

COMKDIK.

Quand tout sera prêt pour le sacrifice, je viendrai vous avertir...

ABRAHAM

Va, mon fils ; hâte— toi, tu me retrouveras dans ce lieu.

(Isaac sort.)

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