SCÈNE IL — PHASÉAR, JOSEPH
JOSEPH
Je vous cherchais, Phaséar, pour vous instruire du succès de notre artifice. Zarès est venu m’avertir qu’il ne retrouvait plus ma coupe : au même instant, par mon ordre, on s’est mis sur les traces de Benjamin et de ses frères, et sans doute nous les verrons bientôt ici.
PHASÉAR.
Seigneur, que prétendez-vous faire, quelle vengeance méditez-vous?
COMEDIE
JOSEPH
Vous le saurez avant que nous nous séparions.. . Mais quoi! vous vous troublez, Phaséar?
PHASÉAP.
Je voudrais vainement le dissimuler; malgré moi je me reproche d’avoir servi votre haine...
JOSEPH
Ne demandez-vous pas que je seconde la vôtre? Si vous désirez encore la perte de Cléophis, épargnez-moi vos remords.
PHASÉAR, à part.
Ce mot me rend tout mon courage!... (Haut.) Oui, vengeons-nous... Pour confondre les méchants, pour punir la perfidie, tous les moyens sont légitimes! Pourquoi hésiterions-nous? Opprimonsnous l’innocence? S'armer contre le crime, c’est imiter le ciel, c’est devenir l’instrument de sa justice redoutable. Je ne vois plus dans vos frères que de vils assassins ; leur crime a mérité la mort, et vous leur laissez la vie : puis-je les plaindre et vous condamner?... Cléophis me doit sa fortune, sa faveur, son crédit : il fut ingrat, perfide ; n’ai-je pas le droit de lui ravir les biens qu’il tient de moi, puisqu’il ne les emploie qu’à me nuire?...
loi
JOSEPH
JOSEPH
J’entends du bruit... c’est la voix de Zarès; il ramène sans doute Benjamin.
PHASÉAR, à part.
Comment soutenir la présence de ces infortunés !...