A PÂMÉ LA
Lorsque je vous ai lu l’histoire de Ruth, vous avez été surtout frappée de ces mots : « Partout où vous demeurerez (( y y demeurerai ; votre peuple sera mon peuple , et votre « Dieu sera mon Dieu . » Vous m’avez priée de faire une comédie sur ce sujet, et de vous la dédier ; ainsi, mon enfant, cette petite pièce vous appartient. Personne ne peut mieux que vous juger si j’ai peint avec vérité la reconnaissance et l’attachement que doivent inspirer les soins et la tendresse d’une mère d’adoption : si vous trouvez que Ruth, lorsqu’elle parle de Noémi, s’exprime comme vous sentez, je serai satisfaite de mon ouvrage.
NOTICE
L’histoire de Rutli est un chef-d’œuvre de sentiment et de simplicité, un monument précieux des mœurs antiques. En voici un extrait tiré de FÉcriture-Sainte :
Noémi avait pour mari Élimélech. Il arriva une famine dans Israël, qui obligea Noémi et son mari de quitter Bethléem. Ils allèrent avec leurs deux fils, Mahalon et Chélion, au pays des Moahites. Les enfants de Noémi épousèrent des filles de Moab : la femme de Chélion s’appelait Orpha; celle de Mahalon se nommait Rulh. Noémi passa dix ans dans cette terre étrangère : elle y perdit son mari et ses deux fils. Alors Noémi résolut de retourner à Bethléem. Étant en chemin pour s’y rendre, elle exhorta ses deux belles-filles, qui l’accompagnaient, à retourner dans leur patrie et les embrassa; les deux belles-filles se mirent à pleurer, en disant : « Nous irons « avec vous parmi ceux de votre peuple. » Noémi n’y voulut point consentir : ((Retournez dans votre maison;
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ce laissez-moi ; car la main du Seigneur s'est appesantie cc sur moi... » Les belles-filles élevèrent encore leurs voix, et elles recommencèrent à pleurer. Orpha baisa sa belle-mère et s’en retourna; mais Ruth s’attacha àNoémi sans la vouloir quitter... Elle lui dit : c( J’irai avec vous, cc et partout où vous demeurerez, j’y demeurerai ; votre cc peuple sera mon peuple, et votre Dieu sera mon Dieu ; cc la terre où vous mourrez me verra mourir, et je serai cc ensevelie où vous le serez. Je veux bien que Dieu me cc traite dans toute sa rigueur, si jamais rien me sépare cc de vous que la mort seule. » Ruth et Noémi partirent ensemble, et s’établirent à Reihléem. Ruth va glaner dans le champ de Rooz, son allié, qui la loue de son attachement pour sa belle-mère. Booz ordonne qu’on laisse exprès des épis à terre pour elle, et la fait dîner avec ses moissonneurs; Ruth porte à sa belle-mère la plus grande partie de la portion qu’on lui donne. Noémi conseille à Ruth de se parfumer d'huile de senteur, de prendre ses plus beaux habits, et d’aller trouver Booz, pour l’engager à l’épouser, parce qu'il est son plus proche parent. Ruth obéit à sa belle-mère . Booz répond qu’il est en effet parent d’Élimélech ; mais qu’il y en a un autre plus proche que lui. Booz prend dix hommes des anciens de la ville ; il va avec eux à la porte de la ville , et fait venir devant les juges le plus proche parent. Ce dernier cède à Booz le droit qu’il avait d’épouser Ruth ; et, suivant la coutume, afin que la cession fût ferme, le proche parent ôta son soulier et le donna à Booz. Après cette cérémonie, Booz épousa Ruth, qui ne
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voulut point se séparer de Noémi. Il naquit à Rutn un fils, que Noémi éleva. On nomma cet enfant Obed; il fut père d’isaï, et Isaï fut père de David. Ainsi cet enfant fut, selon la chair, un des ancêtres de Jésus-Christ.
L’Écriture ne parle pas de l’âge de Booz : d’après l’exposition des faits, il semble que Ruth était dans la première jeunesse, et Booz d’un âge mûr. C’est ainsi qu’ils sont représentés l’un et l’autre.
PERSONNAGES
NOÉMI, veuve d’Élimélech.
RUTH, du pays de Moab, belle-fille de Noémi et veuve de Mahalon.
BOOZ, fils de Salmon, proche parent de Noémi.
JÉPHONÉ, vieux serviteur de Booz, chargé de surveiller les moissonneurs.
Troupe de Moissonneurs et de Glaneuses.
Le théâtre représente une partie des champs de Booz.
RUTH ET NOEMI
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