‹ Théatre d'education a l'usage de la jeunesse (volume 2)Chapitre 68 sur 122 · SCÈNE VIII. —NOÉMI, RUTH, BOOZ, JÉPHONÉ · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII. —NOÉMI, RUTH, BOOZ, JÉPHONÉ

Troupe de Moissonneurs et Glaneuses, Musiciens, etc.

JÉPHONÉ, à Booz.

Mon maître, voici vos serviteurs qui viennent vous témoigner leur joie. En épousant Ruth, vous récompensez la vertu; chacun prend part à cet événement, chacun répète que la fdle de Noémi méritait de devenir la femme de Booz.

BOOZ

Ruth sera votre bienfaitrice, elle me rendra meilleur, et nous serons tous plus heureux. . .

RUTH

Booz me permettra d’imiter sa bonté, et de répandre de l’orge sur le chemin des glaneuses...

BOOZ

Et toutes celles qui glaneront pour leur mère seront à jamais les mieux accueillies dans ce

RUTH ET NOÉMI

champ. Jéphoné, faites dresser des tables dans la maison, j’invite au fesjin les moissonneurs et les glaneuses; je reviendrai bientôt prendre place au milieu d’eux. Ruth, donnez le bras à votre mère, et allons trouver les juges qui nous attendent.

RUTH

Ma mère, avant de me conduire à cette assemblée, où vous devez unir mon sort à celui de Booz, bénissez-moi ; ma mère, bénissez votre fdle ! (Elle

tombe aux genoux de Noémi.)

NOÉMI

Depuis que le ciel m’a donné Ruth, j’ai béni ma fdle dans tous les instants de ma vie. Le Seigneur, Dieu d’Israël, exauce enfin des prières si justes; il n’a jamais rejeté les vœux ardents de la reconnaissance. Je n’ai plus qu’un désir à former, Dieu permettra que j’en voie l’accomplissement; ta vertu me donne le droit de tout attendre de sa bonté. Tu seras mère, ô toi, modèle des filles; tu seras mère heureuse, et Noémi pressera dans ses bras un enfant né de Ruth !... (Elle élève les mains vers le ciel.) O Dieu de mes pères, que cet enfant soit la tige d’une nombreuse postérité! Réserve à ses descendants une gloire et des honneurs qui puissent perpétuer à jamais dans la mémoire des hommes le souvenir de son origine ! Laisse tom-

COMÉDIE

ber dans l’oubli les noms fameux des guerriers et des conquérants qui ont ravagé la terre; mais ne permets pas que les noms de Ruth et de Booz périssent avec eux! Fais que l’histoire de Ruth soit connue dans les siècles à venir; que les enfants et les jeunes filles, rassemblés autour du foyer paternel, l’entendent raconter avec respect; que Ruth, jusqu’à la fin des temps, soit citée dans les familles vertueuses, comme l’exemple le plus touchant de la piété filiale!... Telles sont mes bénédictions. . . Lève-toi, ma fille. (Elle la relève et l’embrasse.)

RUTH

Ma mère !... Booz !... Que je suis heureuse !

BOOZ

Venez donc mettre le comble à mon bonheur, suivez-moi; venez déclarer solennellement que vous acceptez la main de Booz.

NOÉMI

Allons, ma fille, ne différons plus.

RUTH, en s’en allant

O Dieu d’Israël, Dieu de ma mère! rendez-moi digne de tant de bienfaits!...

(Elle sort avecNoémi et Booz.)

RUTH ET NOÉMI

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