SCÈNE I. — ROSINE, AMÉLIE, COLIN
(Amélie, auprès d’un arbre, presse une colombe contre son sein; Rosine tient une corbeille de fleurs, et considère sa sœur en rêvant : elle est appuyée sur un oranger que Colin arrose.)
ROSINE, après un moment de silence.
Elle ne songe qu’à sa colombe.. .
Pauvre petite colombe, comme elle reste là sur mon cœur ! comme elle est douce et tranquille ! Que je l’aime ! (Elle la baise.)
ROSINE, haussant les épaules.
Que c’est touchant î
AMÉLIE
Colin, avez-vous mis du grain et de l’eau dans la volière?
COLIN
Oui, mademoiselle.
LA COLOMBE
AMÉLIE
Tenez, portez-y ma colombe, mais prenez bien garde de lui faire du mal. Doucement donc! vous allez la blesser... Là, fort bien... délicatement, comme cela. Attendez, Colin, que je lui dise adieu. . . (Elle la baise encore et la caresse.) Charmante petite créature! Allez, Colin...
(Colin sort avec sa colombe.)