SCÈNE VI.— JUSTINE, ANNETTE, MARTHE, JOSÉPHINE, ISABELLE
JUSTINE
Eh bien, y a-t-il dans le monde une plus charmante dame?
Toutes k la fois.
Oh ! non assurément.
ISABELLE, à Justine.
Tenez, mademoiselle , voyez ce qu’elle ui’a
donné. (Elle lui donne la bourse.)
JUSTINE, après avoir compté l’argent .
11 y a dix louis !...
COMÉDIE
ISABELLE
Ma pauvre mère !.. Comme elle sera joyeuse!.. Mon Dieu, mademoiselle Justine, il est tard, mais pourtant je voudrais bien porter cela ce soir à ma mère...
JUSTINE
C’est juste ; Annette, veux-tu aller avec elle?
ANNETTE
Moi, de tout mon cœur, me voilà prête.
ISABELLE
Que vous êtes bonne, ma chère mademoiselle Annette.., Mais, madame Dupré ne grondera-telle pas?
JUSTINE, à Isabelle.
Non, j’en réponds.
JOSÉPHINE, à Isabelle.
D’ailleurs, pour que ta tâche d’aujourd’hui soit faite, je t’aiderai quand tu reviendras, et nous nous coucherons une heure plus tard.
MARTHE
Je lui aiderai aussi, moi, d’autant que j’ai fini mon bonnet,
ISABELLE
Merci, mesdemoiselles; je vous assure que vous n’obligez pas une ingrate.
JOSÉPHINE, à Isabelle.
Attends que je t’embrasse... car je suis aussi
LA MARCHANDE DE MODES
aise que toi-même de ton bonheur. Allons, ne perds plus de temps ; va-t’en bien vite. (Isabelle et Annette sortent.)