SCÈNE IV. — TOINETTE, LUCIE, DOKINE
Que voulez-vous, Toinette?
TOINETTE
Mademoiselle, c’est votre maître à danser...
LUCIE
Oh ! je ne danserai point; vous n’avez qu’à lui donner un cachet et le renvoyer.
TOINETTE
Mais, mademoiselle, vous avez déjà manqué votre dernière leçon...
DORINE
Eh bien, après?... Youlez-vous que mademoiselle danse dans l’état où elle est?
TOINETTE
Qu’a-t-elle donc?
UOR1NE.
Elle a. . . elle a une courbature effroyable.
TOINETTE
Je sais, moi, qu’elle se portait à merveille il y a une demi-heure, et qu’elle sautait dans le jardin...
LUCIE
Je ne m’écoute pas, et ne suis pas douillette...
mais je suis vraiment malade, et je ne prendrai pas ma leçon de danse.
TOINETTE
Qu’à cela ne tienne... Allons je vais donner le cachet... Voilà de l’argent bien employé! (Elle
sort.)
LUCIE, après un moment de silence.
Toute réflexion faite, j’ai envie de prendre ma leçon de danse...
DORINE
Rappellerais-je Toinette?
LUCIE
Que me conseillez-vous?
DORINE
Mais... de ne point vous fatiguer.
LUCIE
D’ailleurs, je danserai plus longtemps demain.
DORINE
Sans doute, cela reviendra au même; et puis, une leçon de plus ou de moins, qu’est-ee que cela fait?
LUCIE
Que vous êtes indulgente et douce !... Mais que nous veut encore Toinette?
TOINETTE, revenant.
Madame vous demande, mademoiselle.
COMÉDIE
LUCIE
La lecture n’est donc pas encore commencée?
TOINETTE
Non, mademoiselle, et il y a plusieurs dames qui désirent vous voir un moment. Madame vous prie d’apporter votre carton de dessins.
DORINE
Le voici.
LUCIE, à Dorine.
Ma chère amie, vous m’attendrez ici, n’est-ce pas?... Adieu. (Elle sort en courant et en sautant.)