‹ Théatre d'education a l'usage de la jeunesseChapitre 46 sur 106 · COM EDI H · texte numérisé non relu

COM EDI H

Ma chère Emilie, quel chagrin vous me préparez ! Je suis vivement touchée de votre tendresse pour moi, cependant j’en désapprouve l’excès. Si vous n’aviez pour le comte de Moncalde un sentiment de préférence très-marqué, et qu’il n’eût pas toutes les qualités propres à faire le bonheur d’une fille vertueuse , quels que soient son rang , sa fortune et les agréments de sa personne , croyez que je n’insisterais pas. Mais vous êtes sans fortune, vous trouvez un établissement avantageux, brillant; l’époux qui se propose est jeune, aimable; il vous plaît, il vous aime : comment pourrais-je ne pas exiger de vous un sacrifice que la raison doit vous prescrire?

Quoi , ma mère, vous exigeriez un tel sacrifice?. . . N’avez-vous pas daigné me promettre que vous me laisseriez maîtresse de mon sort ? Ma chère maman, ayez pitié de moi... Je suis faible, déraisonnable, j’en conviens : ne prononcez point un arrêt qui me mettrait au désespoir.

LA COMTESSE

Je vous laisse à vos réflexions , ma fille , et vais rendre compte à votre père de cet entretien.

l.Y BONNE MÈRE.

EMILIE

Dites-lui, maman, que sa fille infortunée se soumettra, s’il le faut; mais que je demande en grâce un délai, un long délai pour me préparer à cette pénible séparation.

LA COMTESSE

Adieu, ma bonne Emilie! reprends courage.

(Elle sort.)

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