SCÈNE II. — LAURETTE, madame ROGER, LISETTE
LAURETTE
Ma bonne!... Ah, bonjour, Lisette; je suis charmée de vous trouver ensemble, j’ai mille choses à vous dire. . . Je suis au comble de mes vœux ; mon frère se marie, ce n’est plus un mystère. . . Maman a bien voulu me le confier. Je m’en doutais. ..M. deMirvaux, comme vous savez, est frère de madame la marquise de Bléville : j’ai remarqué que maman avait pour lui des attentions inaccoutumées... Je dis inaccoutumées... Ce M. de Mirvaux est bien l’homme le plus ennuyeux!... sourd et bègue ! . . Passe encore pour cette dernière infirmité... mais ne pas entendre un mot de ce qu’on lui dit !... Et maman, malgré tout cela, lui a promis de lui faire obtenir ce gouvernement vacant ; elle attachait, dit-elle, son bonheur à cette affaire.. Oh ! je comprenais bien qu’il y avait quelque chose là-dessous; et justement c’est que M. deMirvaux est frère de madame de Bléville, et par conséquent l’oncle de ma future belle-sœur... Lisette, connaissez-vous Caroline?... N’est-ce pas, elle est charmante? douce, gracieuse. . . un caractère d’une égalité parfaite! de la gaîté, des talents, de l’esprit... Et un naturel!... un naturel incomparable.
INTRIGUE KT MENSONGE
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MADAME ROGER
Mais, mademoiselle, on dirait que vous avez passé votre vie avec elle. Vous ne l’avez cependant vue qu’une seule fois au bal, l’hiver dernier, et hier environ unquart d’heure, chez madame votre mère.