SCÈNE X. — LA BARONNE, BÉLINDE, LAURETTE
LA BARONNE
Quelle aventure!... tout est rompu...
BÉLINDE
Expliquez-vous...
LA BARONNE
Un billet de madame de Saint-Àlban m’apprend la chose la plus imprévue... Elle m’a nommée à cet inconnu , qui s’est levé aussitôt et l’a quittée brusquement.
BÉLINDE
Et pourquoi?...
LA BARONNE
Vous allez lecomprendre; cet homme c’est M. de Mirvaux lui-même...
BÉLINDE
O ciel !...
LAL'RETTE
Voilà, maman, ee dont je voulais vous avertir; je savais cette circonstance...
COMÉDIE
LISETTE
Je dois rendre témoignage à la vérité; mademoiselle Laurette venait de m’en prévenir, j’ai refusé d’y croire et de vous en informer.
LA BARONNE
Elle le savait?...
LAURETTE
Oui, maman ; la femme de chambre de madame de Saint-Alban m’en avait instruite. J’ai compris toute l’importance de cette découverte ; mais vous n’avez pas voulu m’entendre.
LA BARONNE
Vous voyez les conséquences du vice odieux qui vous déshonore. Vous étiez à même de me donner l’avis le plus utile, de rendre un service essentiel à votre frère; mais vous êtes si méprisée, que personne n’a daigné vous croire : la vérité, dans votre bouche, ne saurait persuader ni même se faire écouter.
LAURETTE
Àh ! maman , épargnez votre malheureuse fille : depuis deux heures, accablée de honte, je me suis reproché ma coupable habitude... Ne me réduisez point au désespoir en me refusant mon pardon. Que mon repentir vous touche! J’implore votre compassion.
INTRIGUE ET MENSONGE
LA BARONNE
Vous en êtes indigne ;laissez-nous. Lisette suivez-la.
LAURETTE, en s’en allant.
Que je suis à plaindre ! (Elle sort avec Lisette.)