LE LAQUAIS
Oui , madame. ( Jl soi^t. ) LA M ARQUisE, sc coiffaul toujours.
Une épingle... raccommodez donc celle boucle... ( Elle se regarde. ) Il est vrai que je suis aujourd'hui d'un changement...
JULIETTE
A la vie que vous menez, cela est tout
simple ^ et si cela continue , dans deiix ans vous ne serez plus du tout jolie.
Je ne m'en soucie guère ^ ne faut-il pas toujours finir par là?
JU LIE TTE
Oui ^ mais en vieillissant avant le temps ^ on détruit sa santé, et ce malheur est trèsréel. D'ailleurs , madame , si vous êtes si peu attachée à voire figiue , pourquoi ces toilettes éternelles qui consument un temps que vous pourriez bien mieux employer.
LA M A II Q L I s E.
Vous avez raison, d'autant plus que Ja toilette me fatigue el m'ennuie à Texcès.
UN VALET - D E - CHAM B R E
Mademoiselle le Doux demande si elle peut entrer ?
JULIETTE
Ah ! bon , voici à présent les marchandes de modes...
LA MARQUISE
Renvoyez-la, je n'ai besoin de rien.
LE VALET -DE- CHAMBRE
Elle dit qu'elle ne désire que l'honneur
Zç,.[ LES DANGERS DU MONDE,
de voir madame, et de lui montrer des modes nouvelles : d'ailleurs, elle vient de la part de madame la vicomtesse.
LA MARQUISE
Ah ! cela est dilTërenl. Hé bien , diteslui d'entrer^ mais pre'venez-la bien que je ne veux rien acheter.
JULIETTE, CL part.
Eh oui, belle résolution!
LA MARQUISE
11 faut bien s'en de'barrasser.
JULIETTE
La voici avec toute sa boutique.