‹ Théatre d'éducationChapitre 116 sur 130 · LA VICOMTESSE, LA MARQUISE, JULIETTE · texte numérisé non relu

LA VICOMTESSE, LA MARQUISE, JULIETTE

LA VICOMTESSE

riÉ bien, comment cela s'est-il passé?

LA MA R Q u I s E , tristement.

Comme nous en e'iions convenues : j'ai fait toute Thisloire que vous avez compose'e ^ ma tante a paru le croire dès le premier mot, ne m'a fait nulle question,- et s'en est allée sur-le-champ.

LA VICOMTESSE

Cela est charmant^ nous allons passer une délicieuse soirée... J'ai encore quelques affaires qu'il faut que je termine 5 je vais vous quitter, mais je reviendrai de bonne heure. Adieu , mon enfant... A propos , savez-vous que j'aime Juliette à la folie ^ nous venons d'avoir une conversation très-sérieuse... Elle m'a charmée 5 j'envie voire

444 LES DANGERS DU MONDE, bonheur d'avoir auprès de vous une personne si aimable». Voyez donc comme elle rougit!... Bonne, spirituelle, modeste, il ne lui manque pas une qualité'...

LA MARQUISE

Malgré ce qu'elle vous en montre , croyez qu'il faut plus d'un jour pour les connoître toutes et pour les appre'cier...

LA VICOMTESSE

Ah ! je croirai volontiers tout ce qui peut être à son avantage... Mais il faut que je m'arrache d'ici.

LA MARQUISE

Où allez-vous r*

LA VICOMTESSE

Chez des marchands^ y voulez- vous venir?...

LA MARQUISE

iXon , j'ai trop mal à la tête.

LA VICOMTESSE

Et moi je suis excédée de la fatigue de ma journée... Et tout ce que je suis obligée défaire demain... A midi nos expériences sur l'air fixe ^ à une heure la course... de là à l'académie française, pour entendre ce-

discours de réception 5 et puis à la foire , voir la danse des chienS 5 et puis à Versailles... Ye'rilablement je ne conçois pas comment, avec ma santé délicate et foible, et mes crispations de nerfs , je puis avoir la force de mener un tel genre de vie,

LA MARQUISE

Il vous convient apparemment, puisque vous l'avez adopté.

Non.... c'est que j'ai une complaisance excessive... car naturellement je suis paresseuse. Le chevalier dllerbain a dit de moi que je n'avois de vivacité que dans l'imagination, et d'énergie que dans le caractère ^ et cela est très-vrai, cela me peint parfaitement : j'aime la tranquillité , le calme', le recueillement. C'est une si délicieuse chose que le repos !... Mais qui peut suivre ses goûts ?... ( Elle regarde sa montre.) Mon Dieu ! six heures un quart. Adieu, ma chère amie, je serai ici dans une heure et demie au plus tard. (Elle V embrasse , et J'aie quelques pas pour s'en aller. ) Ah !

446 LES DANGERS DU MONDE, i'oubliois... Mon cœur , qu'est-ce qui fait vos chambrelouques P

JULIETTE

Madame Bertrand.

LA VICOMTESSE

Ah ! Juliette vous me Tenverrez et

quand je reviendrai tout à Iheure, je me

déshabillerai et vous m'en prêterez une

C'est le bonheur de la vie qu'une chambrelouque.... Adieu, petit coeur. {Elle embrasse encore la marquise et s'en va. )

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