SCENE VIL
LA MARQUISE, seule.
(Elle tombe dans un fauteuil y après un -moment de silence.)
V^UEL reproche cruel elle vient de me faire... Eli quoi! j'outrage une personne qui m'a consacré sa vie!... J'abuse de sa situation, de son attachement! De son attachement! puis-je me flatter d'en inspirer? Ah! sans doute, ce n'est que celui qu'elle doit à ma tante qui la relient auprès de moi... ne me Fa-t-elle pas dit? Elle m'ai-
moit autrefois pour moi-même.; mais
comment conserver le cœur de ceux qui nous entourent, si nous perdons les vertus qui les ont attache'sf... Quelle réflexion accablante!... Enfm je n'ai donc plus personne à qui je puisse confier mes, peines ! Ma tante, j'ai me'prisé ses conseils, j'ai trahi ses espérances... Je pourrois encore recourir à sa pitié 5 mais je ne voudrois rien devoir qu'à sa tendresse , et j'ai mérité de la perdre sans retour... Et celui qui jusqu'ici ne fut pour moi que l'ami le plus aimable et le plus indulgent... que pensera-l-il à son retour? comment pourrai- je soutenir sa présence et ses justes reprçcbes, et comment pourrai-je supporter la vie sans son estime ?... Juste ciel ! dans quel abîme suisje tombée'..... Mes vrais, mes seuls amis s'éloignent de moi , j'en suis abandonnée. Que me reste-t-ilP des liaisons frivoles qui nom servi qu'à m' égarer... Il me semble
que je suis seule dans l'univers tout se
réunit à la fois pour m'accabler et me désespérer. ( Elle retombe dans son fauteuil. )
COMÉDIE. 45î