L.V FÉE
Je suis cliarme'e que vous en soyez contente.
MELINDE
Je le suis surtout de leurs promesses, et de Tespoir qu'elles me donnent de se corriger de tous leurs défauts.
io4 LES FLACONS,
LA FÉE
Hé bien , je viens leur en ofTrir le moyen le plus sûr et le plus prompK
MÉLI>"DE
Quel esl-il ?
IPHISE ET CÉNIE,
Ah , parlez !
LA FÉE
Ecoutez -moi avec attention. J'ai e'tc obligée , mes enfans , pour vous cler une ridicule vanité, de vous rendre alTreuses Tune et Tautre. De tous les avantages, le moins précieux est celui de la beauté.
Mais je conviens qu'il est cruel d'avoir une ligure révoltante. Cependant , si je pouvois vous donner toutes les vertus et toutes les grâces de l'esprit en partage , je crois que vous n'auriez pas fait un mauvais marché. Mais je veux vous traiter suivant votre goût, et voici ce que je vous oiTre. J'ai compose pour chacune de vous , deux phioles qui contiennent une essence divine, dont l'une vous ôtera votre dillbrmité , et vous rendra telles que vous étiez , ou l'autre vous donnera toutes les qualités
COMÉDIE. to5
du cœur et de l'esprit qui vous nianqn'ênf ; mais il faut choisir, je ne puis vous accorder ces deux dons réunis , mon pouvoir ne va pas jusque-là.