‹ Théatre d'éducationChapitre 52 sur 130 · SCÈNE yil ET DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE yil ET DERNIÈRE

LUMINEUSE, ROSALIDE, CLARIÎSDE, BIENFAISANTE.

( Le'ifées s' avancent pour prendre la couronne. )

LUMINEUSE

XXOSALIDE !...

ROSALIDE.

Allez , chère Clarinde, recevoir le prix de vos verliis.

LU MIN EUSE

Qu enlends-je !... quoi ! Glarinde P...

ROSALIDE.

Oui, madame, elle est reine, et par le vœu unanime de la nation. ( A Bienfaisante.) Ah, madame, que n'avez-vous pu voir avec quels iransports universels elle a été proclamée! Aussitôt qu'elle a pris la parole , Témolion et l'attendrissement ont

COMEDIE, ifà

passé dans tous les cœurs. Ah, tous les traits de ce discours si noble et si touchant, seront à jamais grave's dans mon souvenir : tous les yeux fixés sur elle, se remplissoient de larmes : elle a fait couler les miennes, j'ai partagé l'enthousiasme qu'elle inspiroit , et j'ai joint avec transport mon suffrage à celui de toute l'assemblée.

O ma chère Rosalide, amie la plus sensible et la plus généreuse!...

LUMINEUSE

Vous l'emportez , ma sœur , jouissez de voire triomphe^ ne craignez point de m'affliger ^ j'admire votre ouvrage , et mon cœur applaudit sans effort au juste succès qui le récompense : venez , aimable et vertueuse Clarinde, venez recevoir la couronne.

CLAUINDE.

Ma chère Rosalide... je ne puis l'accepter qu'en la partageant avec vous.

LUMINEUSE

Ociel!,..

riLE HEUREUSE,

BOS A LID E.

Moi!..,

CLARIWD E.

Oui, telle est mon irrévocable résolution,..

rs-on. non, vous seule en êtes digne.

CLARLNDE.

Je vous offre ce que j'aurois accepté de vous : si vous m'aimez autant que je vous aime, Pvosalide, vous ne balancerez plus.

RI EN FAI SANTE

Régnez Tune et Tautre, remplissez tous les vœux des peuples , qui n'ont pu placer Clariude sur le trône sans regretter Rosalide !.,.

Après le choix qu'ils ont lait , que pourroieni-ils désirer encore ?... Ah ! ce jour m'a trop appris à me connoître , pour que je puisse regretter un trône auquel je rougis maintenant d'avoir osé prétendre.

CLARIND E.

Vous n'avez à rougir que d'outrager Tamitié par vos cruels refus.

BIENFAISANTE

Piosalide, si votre âme est aussi sensible qu'elle est noble et grande, pouvez-vous vous opposer au bonheur de votre amie f ...

ROSALIDE.

Ah, Clarinde !...

CLARINDE.

Le conseil est encore assemblé pour la cére'monie du couronnement^ venez, ma chère Rosalide , monter avec votre amie sur un trône que vous lui rendrez si cher en daignant le partager.

ROSALIDE.

Vous l'ordonnez , j j consens.

CLARINDE.

Ah, vous comblez tous mes vœux.

ROSALIDE.

Mais soyez à jamais mon guide et mon modèle^ enseignez-moi vos vertus, rendez-moi, s'il se peut semblable à vousmême, ou vous n'aurez rien fait pour moi.

LUMINEUSE

Jouissez à jamais , mes cliers enfans , du bonheur dont vous êtes si dignes, ,et n'oubliez point que les plus grands talens et les qualités les plus brillantes, ne sont que des dons inutiles ou dangereux , sans la modestie, la bienfaisance et la bonté'.

riîï.

COMÉDIE EN DEUX ACTES

PERSONNAGES

MÉLANIDE, veuve.

LUCIE , nièce de Mélanide.

DORINE, maîtresse de musique et de dessin de

Lucie , et logeant chez Mélanide.

TOITS ETTE, fille d'une ferame-de-.chambre , élevée

avec Lucie.

La scène est à Paris, chez Mélanide.

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