SCÈNE yil ET DERNIÈRE
LUMINEUSE, ROSALIDE, CLARIÎSDE, BIENFAISANTE.
( Le'ifées s' avancent pour prendre la couronne. )
LUMINEUSE
XXOSALIDE !...
ROSALIDE.
Allez , chère Clarinde, recevoir le prix de vos verliis.
LU MIN EUSE
Qu enlends-je !... quoi ! Glarinde P...
ROSALIDE.
Oui, madame, elle est reine, et par le vœu unanime de la nation. ( A Bienfaisante.) Ah, madame, que n'avez-vous pu voir avec quels iransports universels elle a été proclamée! Aussitôt qu'elle a pris la parole , Témolion et l'attendrissement ont
COMEDIE, ifà
passé dans tous les cœurs. Ah, tous les traits de ce discours si noble et si touchant, seront à jamais grave's dans mon souvenir : tous les yeux fixés sur elle, se remplissoient de larmes : elle a fait couler les miennes, j'ai partagé l'enthousiasme qu'elle inspiroit , et j'ai joint avec transport mon suffrage à celui de toute l'assemblée.
O ma chère Rosalide, amie la plus sensible et la plus généreuse!...
LUMINEUSE
Vous l'emportez , ma sœur , jouissez de voire triomphe^ ne craignez point de m'affliger ^ j'admire votre ouvrage , et mon cœur applaudit sans effort au juste succès qui le récompense : venez , aimable et vertueuse Clarinde, venez recevoir la couronne.
CLAUINDE.
Ma chère Rosalide... je ne puis l'accepter qu'en la partageant avec vous.
LUMINEUSE
Ociel!,..
riLE HEUREUSE,
BOS A LID E.
Moi!..,
CLARIWD E.
Oui, telle est mon irrévocable résolution,..
rs-on. non, vous seule en êtes digne.
CLARLNDE.
Je vous offre ce que j'aurois accepté de vous : si vous m'aimez autant que je vous aime, Pvosalide, vous ne balancerez plus.
RI EN FAI SANTE
Régnez Tune et Tautre, remplissez tous les vœux des peuples , qui n'ont pu placer Clariude sur le trône sans regretter Rosalide !.,.
Après le choix qu'ils ont lait , que pourroieni-ils désirer encore ?... Ah ! ce jour m'a trop appris à me connoître , pour que je puisse regretter un trône auquel je rougis maintenant d'avoir osé prétendre.
CLARIND E.
Vous n'avez à rougir que d'outrager Tamitié par vos cruels refus.
BIENFAISANTE
Piosalide, si votre âme est aussi sensible qu'elle est noble et grande, pouvez-vous vous opposer au bonheur de votre amie f ...
ROSALIDE.
Ah, Clarinde !...
CLARINDE.
Le conseil est encore assemblé pour la cére'monie du couronnement^ venez, ma chère Rosalide , monter avec votre amie sur un trône que vous lui rendrez si cher en daignant le partager.
ROSALIDE.
Vous l'ordonnez , j j consens.
CLARINDE.
Ah, vous comblez tous mes vœux.
ROSALIDE.
Mais soyez à jamais mon guide et mon modèle^ enseignez-moi vos vertus, rendez-moi, s'il se peut semblable à vousmême, ou vous n'aurez rien fait pour moi.
LUMINEUSE
Jouissez à jamais , mes cliers enfans , du bonheur dont vous êtes si dignes, ,et n'oubliez point que les plus grands talens et les qualités les plus brillantes, ne sont que des dons inutiles ou dangereux , sans la modestie, la bienfaisance et la bonté'.
riîï.
COMÉDIE EN DEUX ACTES
PERSONNAGES
MÉLANIDE, veuve.
LUCIE , nièce de Mélanide.
DORINE, maîtresse de musique et de dessin de
Lucie , et logeant chez Mélanide.
TOITS ETTE, fille d'une ferame-de-.chambre , élevée
avec Lucie.
La scène est à Paris, chez Mélanide.