SCENE IL
DORINE, seule.
Quelle fblle !... parfiler , aller aux spectacles , recevoir des visites , voilà toutes ses occupations. Elle Vante sans cesse à sa nièce les charmes de Fe'tude et Tutilite' de l'application , et l'exemple qu'elle lui donne est éternellement en contradiction avec ses discours. Et puis , dans d'autres momens ,
i88 L'ENFANT GÂTÉ,
n'écoutant qu'une aveugle tendresse , elle croit sa nièce un petit prodige de perfection , et la loue avec excès ^ et tout le monde, pour lui plaire, en dit autant^ mais quand Mélanide a le dos tourné , quelles moqueries ne fait-on pas de celle petite fille , qui en effet , vaine , indocile , étourdie , n apprendra jamais rien ! Au reste, que m'importe? je la flatte, je lui passe ses caprices , je m'en fais aimer 5 elle se mariera , sera riche , fera ma fortune ^ voilà l'essentiel. Mais , paix , j'entends quelqu'un : ah , c'est Lucie.