LUCIE, DORINE, TOINETTE
LUCIE
V^UE voulez-vous , Toinette f
T OINE TTE.
Je viens assister à votre leçon, mademoiselle , e*t comme madame me Ta permis, en profiter.
DORINE
Vous êtes arrivée trop tard ^ la leçon est finie.
TOINETTE
Ail! que j'en suis fàcliëe ^ j'aime tant à m'instruire!
DORINE
Vous avez là-dessus un beau modèle sous les yeux.
TOINETTE
Qui donc ?
DORINE ( montrant Lucie ).
Eh , mademoiselle , apparemment.
TOINETTE
Mademoiselle est un modèle d'appli-
cation ? je ne Taurois pas deviné , par
exemple.
L L' c I E , à part.
Ni moi non plus.
DORINE
Mais, Toinette , j'imagine que vous n'avez pas la pre'somption de vous croire plus avancée , plus instruite que mademoiselle ?
TOINETTE
. Hélas \ pardonnez-moi...
DO RIN E
Gomment donc? Mais vous lui man-* quez de respect.
TOINETTE
Ah , mon Dieu , ce n'est pas mon intention.
DORINE
Apprenez d'ailleurs qu'elle pourroit se passer de talens. Quand on est aussi charmante 5 on n'en a pas besoin.
TOINETTE
Mais , mademoiselle , c'est vous qui dans ce moment lui manquez de respect.
DORINE
Comment ?
TOINETTE
Vous VOUS moquez d'elle.
LUCIE, à part.
Je crois en ve'rité qu'elle a raison.
DORINE
Pie'ellement 5 Toinette, vous êtes bien impertinente.
Alr^d^grâce, ne vous fâchez pa:»
contre elle.
DORINE
Vous prenez son parti quand c'est vous qu'elle offense ! Quelle générosité !... oui , vous possédez toute les vertus.
TOINETTE, à Dorine.
Ah, mademoiselle, à propos , j'oubliois que madame m'a chargée de vous dire de l'aller trouver quand la leçon seroit iinie , pour lui en rendre compte.
DORINE
J'y vais. {Bas à Lucie.) Soyez tran(juille, je lui dirai des merveilles de vous et de vos progrès. ( Haut.) Adieu , mademoiselle , je reviendrai bientôt vous rejoindre. ( Elle sort. )