BERNARD, ROLAND
(Restés seuls, Bernard et Roland se regardent consternés, puis vont à la fenêtre et suivent des yeux Claire qui s'c'-loigne et qu'on voit traverger le jardin la tête baissée, le c rps courbé.)
BERNARD
C'est bel et bien de la paralysie 1
ROLAND, outré
Quel est le salaud qui a fait ça?
BERNARD
Une belle fille comm<' ça, estropiée pour la vie.
(Il prend son chapeau, son pardessus, et vient à la table ranger des
papiers dans sa serviette.) Si lesjournaux apprenaient cette histoire, il y en aurait un s<;andalel
ROLAND
Ils auraient raison... c'est monstrueux!
BERNARD, remettant son pardessus, aidé par Roland.
Dès lundi, j'en parlerai à Marbois .. Heureusement pour l'honneur du corps médical qu'à côté de brutes qui se livrent sur de pauvres filles à des expériences
criminelles... (A Roland, lui montrant sa canne dans un Roin.)
donnez-moi donc ma canne... (Roland laïui passe.) ... il y en a qui n'hésitent pas à risquer leur vie en soignant la typhoïde ou le croup...
50 THEATRE IVEPOUVANTE
ROLAND
Ça compense !
BERNARD, en s'en allant et en ouvrant la porte de droite.
Et à ce propos, vous savez ce qu'a fait un des internes de Lariboisière? c'est héroïque mon cher... absolument héroïque... Figurez-vous qu'il avait à opérer une tumeur du foie...
(Ils sortent pendant que le rideau baisse lentement et qu'on entend l6 bruit de leurs voix disparaître «u loin.)