‹ Théâtre d'epouvanteChapitre 44 sur 84 · SCÈNE III LUI, T.E DOCTEUR, LA SERVANTE · texte numérisé non relu

SCÈNE III LUI, T.E DOCTEUR, LA SERVANTE

(Lui s'agenouille comme pour prier, mais sa prière ne monte pas plus baut qu'elle, s'adresse à elle; c'est une prière humaine, toute de tendresse, mêlée de larmes et de rires.)

LUI

Marie... ma petite Marie... Oh ! suis-je fou?... est-ce que je rêve?... non, je ne suis pas fou... je ne rêve pas... non... tu t'éveilles... lu ouvres les yeux... tu me regardes!... oui, c'est moi... moi, qui ai recueilli ton dernier regard quand tu t'es endormie... moi,

que tu retrouves auprès de toi... (Il la spulève dans ses bras, et la berce comme un tout petit enfant.) Oh I ma petite morto

vivante, ma petite morte ressuscitée ! toutes les larmes que j'ai versées... toutes les douleurs qui m'ont déchiré ne comptent pas... puisque tu t'éveilles... Ce miracle je l'ai attendu des années... Il est venu... je ne pou-

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vris pas souiFrir... Ce n'était pas juste aussi que toutes les misères accablent un pauvre homme comme moi.., Et moi qui ai voulu mourir!... Tu te réveilles... tu revis... moi aussi j étais mort et je vais revivre... Oui, nous allons revivre Fun près de l'autre... heureux... oui, nous allons être heureux...

(Le docteur, suivi de la servante, entre à ce moment. Sans parler, il va au lit, examine la femme longuement.)

LUI

Ahl docteur... docteur... regardez... elle se réveille?...

LE rOCTEUR, après un long; eanmea.

Oni...

LUI Elle se réveille... Oh I... (Il embrasse Ie« mains du docteur.)

Et moi qui voulais me tuer autrefois... vous vous souvenez?... Si vous ne m'aviez pas empêché... si vous ne m'aviez pas juré qu'elle sortirait de cet état-là, un jour...

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