SCÈNE m Les Mêmes, LÉA, ALICE, LE COMTE, LE GARÇON
(L^« entre la première et vient au général. Elle est en fourrures avec un manchon. Toilette très décolletée en dessous.)
LÉÀ
Bonsoir.
LE GÉNÉRAL, lui baisant longuement et amoureusement la main. Bonsoir... (Alice entre aussitôt, puis le comte.) C'cst VOUS,
les enfants?... Qu'est-ce que vous faites donc?...
LE COMTE, gaiement.
Tu es déjà là, Popaul?
ALICE, allant au général pendant que Léa remonta près de la cheminée et y pose son manchon.
Il y a longtemps? On vous a fait attendre?...
LE GENERAL, lui baisant aussi la main.
Un peu... mais j'ai pris des forces...
ALICE, remontant un peu.
Vous avez bien fait...
LE COMTE, qui vient serrer la main au généraL
Nous avons été voir le nouveau dompteur...
ALICE A Médrano...
LÉA
Il est épatant I...
VICTOR
Madame se débarrasse?
(Le garçon vient derrière Léa, lui ôte son manteau «t le pose fnr
la chaise.)
LE GÉNÉRAL, regardant Léa.
Quelle toilette l
ALICE
Elle vous coûtera cinquante louis, mon cher.
LE COMTE, riant.
Oui, tu as de la chance ! Alice l'a conduite chez sa couturière.
LE GÉNÉRAL
Il n'y a pas huit jours qu'elles se connaissent et elles ne peuvent plus se quitter.
LE COMT
En attendant qu'elles ne puissent plus se voirl...
(Alice fait passer Léa devant elle et lui entoure la taille.) ALICE, à Léa.
Ne les écoutez pas... ils disent des bêtises... Vous êtes très gentille... Vous débutez... Vous n'avez pas encore l'expérience. Je vous apprendrai.
LE COMTE
Ah I oui, pour sûr, elle vous en apprendra des choses !
(Il embrasse Alice dans le cou. Léa vient au général, qui s'est assis dans le fauteuil et lui a pris les mains en la regardant amoureusement.)
ALICE, au comte, à mi-voix.
N'ayez pas peur... elle a des dispositions.
VICTOR, s'approchant d'Alice et du comte.
Et madame ne se débarrasse pas?... Monsieur le omte?
LE COMTE
Non, non, nous ne restons pas.
(Le général se lève. Léa se dirige vers le coin de la table.) LE GbiNÉRAL
Vous ne restez pas?
ALICE
Nous soupons avec des amis... dans le cabinet à >té.
LÉA, avec un imperceptible tressaillement.
Comment, là... à côté?
LE COMTE
|Aq4...
ALI CE j gaiement.
|Soyez tranquilles. Les murs sont épais... on ne vous
lendiapas...
LE GÉNÉRAL, avec vm gros rire.
Oh 1 ça ne me gêne pas...
LE COMTB, prenant le bras d'Alice et voulant l'emmener.
Alors, on vous laisse!... Amusez-vous bien...
ALICE, quittant la main du comte et se tournant vers le générah
Tâchez d'être encore Iransportable dans deux heures...
LE COMTE
Ah ! oui, pas d'histoire comme l'autre soir...
ALICE
J'en étais malade.
LE GÉNÉRAL
Je vous ai fait peur?
ALICE
Dame, quand on ne vous connaît pas! ..
LE COMTE
Tu voulais étrangler ce pauvre Victor...
(Victor, à ces mots, s'incline en souriant. ALICE
Vous le traitiez d'assassin...
LE GÉNÉRAL riant.
Oui... il paraît...
LE COMTE
Tu ne pouvais plus te tenir debout, on a été obligé ie te porter dans ton auto...
LE GÉNÉRAL
Ce soir, je serai raisonnable... Léa me surveillera... Pest-ce pas, Léa?...
Je veux bien... Vous m'obéirez?...
LE GÉNÉRAL, riant
Comme si tu étais le tsarl
LE COMTIT., se dirigeant vers la port«.
Alors, à demain...
(Alice, avant de sortir, va à Léa et lui fapotf* gentiment la joue, puis elle se retire, suivie du comte et du marquis.)
LE GÉNÉRAL, criant au comte.
A demain... Viens méprendre, nous dînerons enïmble.
LE COMTE, en coulisse.
Entendu...
(Le général ferme la porte. Léa vient à la cheminée et retire lanternent ses gants, qui devront être très montants, et elle les pose sur la cheminée, à côté du manchon. Le gi neral s'approche de la table et regarde la carte. Victor est resté près de la porto.)