‹ Théâtre d'epouvanteChapitre 51 sur 84 · SCÈNE m Les Mêmes, LÉA, ALICE, LE COMTE, LE GARÇON · texte numérisé non relu

SCÈNE m Les Mêmes, LÉA, ALICE, LE COMTE, LE GARÇON

(L^« entre la première et vient au général. Elle est en fourrures avec un manchon. Toilette très décolletée en dessous.)

LÉÀ

Bonsoir.

LE GÉNÉRAL, lui baisant longuement et amoureusement la main. Bonsoir... (Alice entre aussitôt, puis le comte.) C'cst VOUS,

les enfants?... Qu'est-ce que vous faites donc?...

LE COMTE, gaiement.

Tu es déjà là, Popaul?

ALICE, allant au général pendant que Léa remonta près de la cheminée et y pose son manchon.

Il y a longtemps? On vous a fait attendre?...

LE GENERAL, lui baisant aussi la main.

Un peu... mais j'ai pris des forces...

ALICE, remontant un peu.

Vous avez bien fait...

LE COMTE, qui vient serrer la main au généraL

Nous avons été voir le nouveau dompteur...

ALICE A Médrano...

LÉA

Il est épatant I...

VICTOR

Madame se débarrasse?

(Le garçon vient derrière Léa, lui ôte son manteau «t le pose fnr

la chaise.)

LE GÉNÉRAL, regardant Léa.

Quelle toilette l

ALICE

Elle vous coûtera cinquante louis, mon cher.

LE COMTE, riant.

Oui, tu as de la chance ! Alice l'a conduite chez sa couturière.

LE GÉNÉRAL

Il n'y a pas huit jours qu'elles se connaissent et elles ne peuvent plus se quitter.

LE COMT

En attendant qu'elles ne puissent plus se voirl...

(Alice fait passer Léa devant elle et lui entoure la taille.) ALICE, à Léa.

Ne les écoutez pas... ils disent des bêtises... Vous êtes très gentille... Vous débutez... Vous n'avez pas encore l'expérience. Je vous apprendrai.

LE COMTE

Ah I oui, pour sûr, elle vous en apprendra des choses !

(Il embrasse Alice dans le cou. Léa vient au général, qui s'est assis dans le fauteuil et lui a pris les mains en la regardant amoureusement.)

ALICE, au comte, à mi-voix.

N'ayez pas peur... elle a des dispositions.

VICTOR, s'approchant d'Alice et du comte.

Et madame ne se débarrasse pas?... Monsieur le omte?

LE COMTE

Non, non, nous ne restons pas.

(Le général se lève. Léa se dirige vers le coin de la table.) LE GbiNÉRAL

Vous ne restez pas?

ALICE

Nous soupons avec des amis... dans le cabinet à >té.

LÉA, avec un imperceptible tressaillement.

Comment, là... à côté?

LE COMTE

|Aq4...

ALI CE j gaiement.

|Soyez tranquilles. Les murs sont épais... on ne vous

lendiapas...

LE GÉNÉRAL, avec vm gros rire.

Oh 1 ça ne me gêne pas...

LE COMTB, prenant le bras d'Alice et voulant l'emmener.

Alors, on vous laisse!... Amusez-vous bien...

ALICE, quittant la main du comte et se tournant vers le générah

Tâchez d'être encore Iransportable dans deux heures...

LE COMTE

Ah ! oui, pas d'histoire comme l'autre soir...

ALICE

J'en étais malade.

LE GÉNÉRAL

Je vous ai fait peur?

ALICE

Dame, quand on ne vous connaît pas! ..

LE COMTE

Tu voulais étrangler ce pauvre Victor...

(Victor, à ces mots, s'incline en souriant. ALICE

Vous le traitiez d'assassin...

LE GÉNÉRAL riant.

Oui... il paraît...

LE COMTE

Tu ne pouvais plus te tenir debout, on a été obligé ie te porter dans ton auto...

LE GÉNÉRAL

Ce soir, je serai raisonnable... Léa me surveillera... Pest-ce pas, Léa?...

Je veux bien... Vous m'obéirez?...

LE GÉNÉRAL, riant

Comme si tu étais le tsarl

LE COMTIT., se dirigeant vers la port«.

Alors, à demain...

(Alice, avant de sortir, va à Léa et lui fapotf* gentiment la joue, puis elle se retire, suivie du comte et du marquis.)

LE GÉNÉRAL, criant au comte.

A demain... Viens méprendre, nous dînerons enïmble.

LE COMTE, en coulisse.

Entendu...

(Le général ferme la porte. Léa vient à la cheminée et retire lanternent ses gants, qui devront être très montants, et elle les pose sur la cheminée, à côté du manchon. Le gi neral s'approche de la table et regarde la carte. Victor est resté près de la porto.)

Page 1