‹ Théâtre d'epouvanteChapitre 78 sur 84 · LECHE VALLIER · texte numérisé non relu

LECHE VALLIER

Vous vous refusez à dire l'emploi de votre temps pendant la nuit du 17 novembre?...

BERLAND, tèU

J'étais saoul...

LECUEVALLIER

Naturellement... c'est votre système. Prenez garde, Berland, il est dangereux... Vous y jouez votre tête... Un temps.) Allons, Bei'iand, dans votre intérêt même, je vous conseille d'avouer.

BKRLAND, cyniqu*.

De quoi?

LE' HEVALLIER

... r)'avouer. C'est vous qui avez assassiné, pourU voler, le soldat Mangin...

BERLAND, hanssant les ëpatUes.

Oh! làl làl... Vous répétez toujours le même boni] ment!

LECUEVALLIER

Berland, l'aveu même de votre crime pourrait voi valoir l'indulgence du jury.

BERLAND, ricanant.

J'ia connais, colle-là....

SUU LA DALLE 301

LECHEVALLIER

Douteriez- VOUS de ma parole?...

BERLAND

D'abord, j'ai pas d'aveu à faire... Si c*est moi qui ai suriné le soldat Mangin, faut le prouver... vous pouvez pas... vous êtes trop « manche » pour ça...

LECHEVALLIER f interloqué.

Manche!

POIREL, cessant d'écrire, avec un sourire, à voix basse.

Ça veut dire inexpérimenté, monsieur le juge.

LECHEVALLIER, sec.

Merci... (A Beriand.) Enfin, Berland, votre système ne tienl pas debout. Tout vous accuse : votre disparition après le meurtre, votre attitude lorsqu'on vous arrête, les propos que vous tenez aux gendarmes...

BERLAND

C'est pas des preuves !...

LECHEVALLIER

Si... des preuves... (Cherchant.) morales. Et tout à l'heure, au cours de la confrontation avec le cadavre, vous avez manifesté la plus vive émotion... vous avez pâli...

BERLAND, se défendant pied à pied.

Moi, j'ai pâli?... Moi, de l'émotion?... Vous avez vu ca, vous?

302 THEATRK D'EPOUVANTE

LECHE VALt.IliFt, essayant d© l'intimider.

Vous n'avez pas osé regarder votre victime en face quand on a soulevé le drap qui la couvrait..

BERLANO, ricanant.

J'aime pas les macchabés... Et puis, c'était pas dTémotioa... Depuis c'matin j'ai rien pris... Alors, j'ai Tventre creux... Quand j'ai pas bu, moi, j'ai la

tremblolte... (Soudain, se précipitant sur le juge.) Et puis j'ai

aussi comme une envie de vous casser la gueule...

LECHE VALLIER , se levant et se reculant, effrayé, pendant que Poirel et le municipal se précipitent sur Borland.

Saisissez-le... quelle brute l (Un temps. Remettant sa serviette et son chapeau en place, après l'avoir brossé de la main.) Il a éreinté mon chapeau! (Revenant s'asseoir ainsi que Poirel.

Vous ne nous faites pas peur... (Furieux.) Une dernière fois vous ne voulez pas avouer?... (Un temps.) Vous ne voulez pas avouer?

BERLAND, maintenu à vue par le municipal.

J'dirai plus rien... j'en ai assez... j'suis fatigué...

LECHEVALLIER, exaspéré.

Alors, foutez-moi le campl... Allez! garde, emmenez-moi ça... (Le garde saisit Borland et lui remet les menottes.)

Ne repartez pas au dépôt avant que j'en aie donné l'ordre.

LK MUNICIPAL, sal«ant.

Bien, monsieur le juge.

POIUEL, bas au juge.

Interrogez-le encore, monsieur le juge, c'est le moment d'insister.

LECHEV ALLIER, s© leyant.

Je ne vous demande rien... je sais mon métier.

(Le municipal et Berland sortent par la porte du fond.)

Page 1