‹ Théâtre d'epouvanteChapitre 82 sur 84 · PO R'' L · texte numérisé non relu

PO R'' L

Je vous demande une minute de recueillement... (A lui-même.) Voyons, Tuniforme du soldat Mangin est resté sur le corps... je l'aurai facilement... (ii examina

longuement autour de lui, ouvre la porte du fond, regarde à droite dans le corridor, la referme ; il va ensuite à !a fenêtre, l'entr'ouvre légèrement, mesure la dalle des yeux, s'étend tout de son long dessus, puis se relevant et regardant le jour qui baisse.) On y VOit à peine... CGSt

parfait...

LECHEVALLIER, naïvement.

Mais... vous n'allez pas vous mettre là-dessus?...

POIREL, l'interrompant.

Laissez... laissez! Maintenant, monsieur le juge, placez- vous un instant derrière cette porte... (ii désigne celle de droite.) pour voir si OU entend tout ce qui se dit

ici... (Le juge, exécutant ce que lui demande Poirel, sort rapidement à droite. — Poirel, parlant à voix haute, disant ce qui lui passe par la tête :)

Bonjour, monsieur le juge... vous allez bien?... et chez vous?... votre petite famille?...

LECHEVALLIER, rentrant

On entend très bien.

POIREL, enchanté.

Bon ! — Ah! maintenant... (Appelant à gauche, s* pian.) Garde! (Un garde entre.) Allez me chercher à côté une bouteille d'absinthe et deux verres... Vite, dépêchez-vous I...

(Le garde s eloigno.)

Sun r.A DALLE 313

LECHEVALLIER; à piri, de plus en plus intrigue.

Qu'est-ce qu'il peut bien préparer?

POIREL, à VOIX très basse et très vite.

Maintenant, voici Tordre et la marche du programme... Vous allez donner l'ordre de ramener Borland dans cette salle...

LECHE VA LLIER

Ah! je ne le renvoie pas au Dépôt?

POIREL

Non... pas encore... Vous l'enfermerez ici... puis VOUS irez vous poster derrière cette porte., (u montre la droite.) pour noter tout ce qu'il dira...

LECHEVALLIER

Bien... et vous?

POIREL Moi? (Regardant la dalle et souriant.) VouS OCCUpCZ paS de

moi; je trouverai toujours à me caser... (Lechevaiiier sort

â droite. A ce moment entre un garde, avec les bouteilles et les verres.)

Débouchée?... Bon!... Les deux verres?... Ça val... Merci!... (Le garde sort.) Borland est un malin... il faut

prendre ses précautions!... (il verse un peu dabsintho dans chaque verre et la jette ensuite.) CommO Ça nOUS aurOHS V'dïv

d'avoir pris rapérilii', monsieur le juge et moi... (ii repose les verres sur la table. Soudain entendant du bruit :) Attention i

314 THÉÂTRE n'EPOCVANTE

JIIso dirige vers la porte du fond et jetant un regard à droite.) A nOUS

doux, mon gaillard 1...

(Il sort. — La scène reste vide un long temps. Un gardien de la Morgue entre de gauche avec une lanlorne allumée, qu'il accroche au mur; puis il sort. On entend un bruit de voix et j)ar la porte de droite entre Borland, bouscula par un municipal. Sans mot dire, le garde le pousse violemment dans la salle se retire on fermant derrière lui la porte au verrou. On entend les pas s'éloigner.)

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