GASTON
Voilà le secret du petit assaut qu’on ma livré ce matin.
Le Duc, à part.
Je comprends.
Mais sous la douche, Poirier s’est ressaisi :
Porter.
Savez-vous, monsieur le duc, pourquoi j'ai travaillé quatorze heures par jour pendant trente ans ? Pourquoi j'ai amassé, sou par sou, quatre millions en me privant de tout ? C’est afin que M. le marquis Gaston de Presles, qui n’est mort ni à Quiberon, ni à Fontenoy, ni à la Hogue, ni ailleurs, puisse mourir de vieillesse sur un lit de plume, après avoir passé sa vie à ne rien faire.
Le Duc.
Bien répliqué, monsieur !
Entre les deux aristocraties et les deux puissances qui se heurtent ici, la puissance du nom et la puissance de
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ET D’'AUJOURD'HUI RER RE EN ET 7 EEE SE ERQ EN ESS SE SE VD PEER TT LUI TE PE RS TEE l'argent, E. Augier n’entend pas prendre parti ; ou pour mieux dire, il ne veut en sacrifier aucune.
| C’est pourquoi, à côté des types extrêmes qui s’affrontent (Gaston de Presles et Poirier), — il a placé ces deux rôles secondaires qui les doublent, aussi éloignés socialement, mais capables de se comprendre et de s’estimer : le chasseur d'Afrique Hector de Montmeyran et l’excellent Verdelet, délicieux de raison et de malice souriante. Et c’est pourquoi surtout il a tracé avec amour ce rôle d’Antoinette à qui vont si aisément les sympathies du public. N’a-t-elle pas toute la fraîcheur de la jeune fille, la droiture et le sérieux de sa classe et en même temps cette hauteur de sentiments, cette délicatesse de cœur, cette noblesse d’âme que son père sera toujours incapable de comprendre ?
Oh! Chère femme, tu as le cœur de ma mère
s’écrie Gaston de Presles enfin converti et bondissant d'enthousiasme ; mais elle simplement :
Celui de la mienne, monsieur !
Et Poirier :
Que les femmes sont bêtes, mon Dieu !…
: Mettons qu’elle à le cœur de l’une et de l’autre, qu’elle les rappelle et les rapproche toutes deux. Par elle, peuvent s’effacer les rivalités et les antagonismes d’autrefois et se rejoindre les deux mondes ennemis.
A l’ordinaire, les rôles de femmes sont un peu sacrifiés dans le répertoire d’Augier. Il craignait, en leur accordant trop de place, de se laisser entraîner par le roma-
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