‹ Theatre D'hier et D'Aujourd'huiChapitre 19 sur 81 · ES · texte numérisé non relu

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faut aimer n’importe qui, n’importe quoi, pourvu qu'on aime... », ce qui est plus étrange, car aimer n’importe quoi, est-ce comprendre le prix de l'amour ; mais l’objection la toucherait peu. Elle s’est établie dans l’absolu et, à la lumière pure des principes, elle prononce des oracles, elle éclaire les consciences, elle évangélise avec une tranquillité impérieuse. Elle estime qu'une première faute, même si, par la naïssance d’un enfant, les conséquences en sont restées visibles ne peut compromettre à jamais la vie d’une pauvre fille dupée et qu’un honnête homme qui n’est pour rien dans l’aventure a tout de même, plus que le droit, le devoir de réparer le mal qu’elle a souffert. (Entre parenthèses, nous avons déjà vu Madame Aubray en uniforme de capitaine de vaisseau sous le nom de Commandant Montaiglin dans M. Alphonse).

. Ecoutez-la prêcher le pardon à un vieil ami qui fut jadis trompé et abandonné par sa femme :

Aveugle que vous êtes! Vous ne voyez donc pas qu’elle ne suffit plus, cette morale courante de la société et qu’il va falloir en venir ouvertement et franchement à celle de la miséricorde et de la réconciliation ? Que jamais celle-ci n’a été plus nécessaire qu’à présent ? Que la conscience humaine traverse à cette heure une de ses plus grandes crises, et que tous ceux qui croient en Dieu doivent ramener à lui, par les

+ La * A grands moyens qu’il nous a donnés lui-même, tous les malheureux qui

ie n k s'égarent ? La colère, la vengeance ont fait leur temps. Le pardon et la pitié doivent se mettre à l’œuvre...

ou encore secouer les préjugés de l’honnête et médiocre Valmoreau qu’épouvantent ses théories matrimoniales :

Tendez la main, la main droite à cette créature faible, relevez-la tout à fait, et, si l’on s’étonne, si l’on sourit, au lieu d’en appeler à la colère, aux armes et au sang, dites-vous dans votre conscience : € Oui, cette

SOS e

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